Pnom Penh – Départ du Cambodge – Pnom Bachey – Rapides de Sombor – Stung Treng partie 14

Si l’on se rappelle que le Cambodge couvre complètement au nord-ouest la frontière de nos possessions de Cochinchine et qu’il est le lieu de transit obligatoire de toutes les marchandises qui, de la vallée du fleuve, veulent se diriger vers Saïgon, on comprendra

quelle importance il y aurait pour cette dernière ville à faire disparaître de pareilles entraves commerciales. On a cru beaucoup faire en supprimant toute douane entre le Cambodge lui-même et notre colonie. C’est surtout entre le Cambodge et la zone extérieur qu’il conviendrait de prendre une mesure analogue. A côté de ce commerce, qui est peu florissant, le Se Cong est la route d’un autre genre d’échanges moins avouable, mais piUs actif et plus avantageux, qu’il appartiendrait à l’influence française de faire disparaître. Je veux parler de la vente des esclaves. Pour un peu de laiton ou de poudre, pour quelques verroteries, les chefs des tribus sauvages de cette zone consentent à livrer des adoles-cents, souvent même des familles entières, que les Chinois vont vendre ensuite sur le marché, aujourd’hui français, de Pnom Penh. Quoique la condition de ces esclaves au milieu des Laotiens ou des Cambodgiens ne soit point comparable à ce qu’était jadis celle des nègres dans les colonies européennes, qu’ils jouissent même souvent d’un bien-être plus grand qu’à l’état de liberté, ce commerce n’en a pas moins les plus déplorables conséquences pour la race au détriment de laquelle il s’exerce : la guerre entre toutes les tribus presque à l’état de permanence, des enlèvements à main armée et d’indignes violences de la part des marchands qu’attire chaque année ce trafic lucratif. Je fus témoin, quelques mois après, de l’ar- rivée à Stung Treng d’un convoi d’esclaves, et je ne pus m’empêcher d’être profondément ému de ce spectacle. Si les hommes paraissaient en général assez indifférents à leur sort, les femmes serraient convulsivement autour d’elles leurs enfants en bas âge, les cachaient dans leurs bras, et leurs regards trahissaient une angoisse poignante chaque fois qu’un curieux s’approchait pour les examiner.
Un esclave qui a coûté à Attopeu cent ou cent cinquante francs en marchandises se revend à Pnom Penh cinq cents francs environ.
Le 5 août, M. de Lagrée était de retour de son excursion. Il avait remonté la branche la plus ouest du Se Cong qui, à très peu de distance de Stung Treng, se divise en trois bras principaux. L’un de ces bras vient du sud et traverse le pays habité par les sauvages Radé ; les deux autres sont parallèles et descendent du nord-est. M. de Lagrée s’était arrêté à Sieng Pang, chef-lieu d’une petite province laotienne, intermédiaire entre Stung Treng et Attopeu, et située à vingt lieues environ du premier de ces deux points. Il Pensait que cette partie de la rivière pourrait être très facilement rendue navigable à l’aide de quelques travaux. A la première bifurcation du Se Cong, il avait rencontré quelques ruines analogues a celles qui se trouvent à la pointe de Stung Treng.
8 La piastre mexicaine était, en effet, la monnaie officielle ayant cours aux Phi- Hppines (NDP).

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