De taly à saigon- retour à tchong tchouen –mort du commandant de Largée – la mission de long ki – siu tcheou fou – nous nous embarquons sur le fleuve bleu- tchong kin jou- han keou – shanghai – saigon partie 12

Une cause particulière contribuait, lors de notre arrivée à Siu- tcheou fou, à donner beaucoup d’animation à la ville.
Les candidats au baccalauréat militaire, réunis à Sin-tcheou fou, ne pouvaient laisser passer sans en profiter un événement aussi rare que la présence de barbares européens dans les murs de la ville. Ces étrangers, qui avaient pu traverser sans encombre un pays aussi troublé que le Yun-nan, et que leurs armes et leur attitude avaient suffi, malgré leur petit nombre, à faire respecter du redouté sultan de Ta-ly, ces étrangers, dis-je, ne pouvaient prétendre à la même immunité de la part de l’élite de la jeunesse guerrière du Se- tchouen, réunie pour briguer les honneurs du premier garde militaire chinois. Elle devait désirer voir de près et face à face ces terribles Européens, avec lesquels peut-être elle aurait à se mesurer un jour.

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Je faisais observer à la porte de la pagode que les autorités de la ville nous avaient donnée comme logement la consigne la plus sévère, afin d’éviter les importunités de la foule. Ce fut de la part des bacheliers militaires l’objet d’un nouveau concours que de forcer cette consigne et d’arriver les premiers auprès de nous. L’un d’eux y réussit en effet en prétextant une affaire quelconque ; il vint se promener dans la partie de la pagode qui nous servait à la fois de salon et de salle à manger. J’étais seul ou presque seul à y travailler. Le bachelier se mit à suivre tous mes mouvements, ne perdant pas une occasion de violer, aux yeux de quelques domestiques et soldats chinois présents à cette scène, toutes les règles de l’étiquette, afin d’afficher clairement son profond dédain pour les barbares. Je le priai poliment de se retirer : il me rit au nez ; je le poussai vers la porte : il se précipita sur moi. Mais deux Annamites, accourus à mon appel, le saisirent et le garrottèrent. Le pau¬vre bachelier écumait de rage : après avoir vociféré mille menaces, il demanda pourtant sa grâce et sa liberté ; mais l’offense était trop grave, surtout aux yeux du public chinois. Je fis entrer quelques spectateurs, pour que le châtiment du coupable ne restât pas ignoré et je lui fis administrer sur le bas des reins dix coups de verge qui l’ensanglantèrent. Je lui fis grâce du reste et je le renvoyai aussi furieux que meurtri. L’accueil relativement très modéré que j’avais fait à ses grossièretés fit grand bruit dans la ville. Les gens sages trouvèrent que j’avais agi trop doucement vis-à-vis d’un jeune écervelé qui avait violé sans motif toutes les règles de l’hospitalité chinoise. Les bacheliers jurèrent de venger l’affront fait à leur camarade. Les murailles se couvrirent d’affiches menaçantes contre les étrangers. On invitait tous les gens de cœur à se réunir pour faire justice de cette poignée d’aventuriers. Il importait à l’honneur chinois qu’aucun d’eux ne sortît vivant de Siu-tcheou.
Je fis prévenir le préfet de la ville de ces menaces ; mais je comptais beaucoup plus sur la décision et la vigilance de nos Tagals et de nos Annamites que sur le concours des autorités.

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Le 5 mai, nous avions réuni dans un dîner d’adieu tous les prêtres français présents à Siu-tcheou et qui comprenaient le personnel presque entier des missions du Yun-nan et du Se-tchouen occi¬dental. Le potage était à peine servi qu’on vint me prévenir qu’une nombreuse bande d’individus frappait à la porte de la pagode et demandait à parler à Ngan ta-jen. Je me rendis dans le vestibule et fis interroger les impatients dont j’entendais les cris au dehors. Ils me répondirent qu’un messager venait d’apporter des nouvelles du Yun-nan, que je serais bien aise de connaître. Je fis ouvrir un des battants de la porte et je m’avançai au-dehors, disant que le messager était le bienvenu et qu’il n’avait qu’à venir me parler.

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