De taly à saigon- retour à tchong tchouen –mort du commandant de Largée – la mission de long ki – siu tcheou fou – nous nous embarquons sur le fleuve bleu- tchong kin jou- han keou – shanghai – saigon partie 13

Un grand silence se fit, puis soudain, quatre ou cinq individus se détachèrent de la foule et se ruèrent sur moi avec des lances, des bâtons, et même des bancs pris dans les maisons voisines. Mais derrière moi surgirent aussitôt quatre ou cinq sabres-baïonnettes dont la vue fit faire immédiatement volte-face aux agresseurs. Cela se passa si rapidement qu’avant même que j’eusse eu le temps de me mettre en défense les Annamites chargèrent devant moi au pas de course une grande fouie effarée qui s’enfuyait dans toutes ies directions.

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Tous nos convives étaient accourus au bruit, plus effrayés que nous, et nous suppliant de rappe!er nos hommes qui risquaient en poursuivant la popuiace de tomber dans quelque guet-apens. Mais ceux-ci étaient tellement exaspérés contre des gens qui se plaisaient à les mettre sur les dents du matin au soir qu’ils ne voulurent rien entendre. Ils ne revinrent au logis qu’après avoir fait entièrement vider la rue, et la terreur qu’ils inspirèrent fut telle que toutes les maisons se fermèrent et que pendant tout le reste de la soirée et de la nuit, au silence qui régnait autour de nous, nous aurions pu nous croire dans un désert.
Nous ne trouvâmes donc pas auprès des autorités de Siu-tcheou fou la cordialité et l’empressement que nous avions rencontrés dans le Yun-nan ; la population nous témoigna une curiosité plus importune et moins sympathique ; ces dispositions nouvelles devaient s’accentuer de plus en plus, à mesure que nous nous rapprocherions des côtes.

Je louai à Siu-tcheou fou, pour effectuer notre retour, deux jonques, l’une destinée à l’escorte, l’autre aux officiers. Elles ne devaient nous conduire qu’à Tchong-kin fou, centre commercial du Se-tchouen. Le 8 mai, le cercueil de M. de Lagrée arriva à Sin- tcheou fou et fut immédiatement placé dans l’une de nos jonques. Le lendemain, nous fîmes nos adieux aux dignes missionnaires de Siu-tcheou fou. Le P. Leguilcher, qui depuis plus de deux mois partageait nos fatigues, fut le dernier à se séparer de la commis-sion. Nous nous dîmes adieu — peut-être au revoir —, les yeux pleins de larmes.

Ces adieux n’ont pas été heureusement mes dernières relations avec le P. Leguilcher et je conserve encore aujourd’hui l’espoir de revoir un jour ce bon prêtre auquel nous avions donné en riant le titre d’aumônier de l’expédition du Mékong. Il m’a fait parvenir plusieurs fois de ses nouvelles depuis mon retour en France.
Le lecteur ne sera peut-être pas fâché de lire ici quelques fragments de ses lettres, qui témoignent de la bonne impression qu’avait laissée sur tout son passage la commission française.
On y trouvera aussi quelques détails intéressants sur la situation politique du Yun-nan, qui compléteront mon récit de voyage :
… « Je suis resté longtemps à Long-ki après votre départ, mon cher commandant, mais le calme plat ne peut me convenir. Je n’ai retrouvé mon ancienne vigueur qu’après avoir repris mon ancienne manière de vivre. En route donc, traversant les torrents à grand péril, gravissant les pentes les plus escarpées, descendant les ravins à pic, suivant par Co-kouy des chemins peut-être encore plus détestables que ceux que nous avons parcourus ensemble et dont vous avez dû à coup sûr conserver un bien mauvais souvenir. J’ai vu une formidable inondation emporter le pont suspendu et un grand nombre de maisons de Lao-oua-tan. Mon cheval en traversant un ravin à la nage a été enlevé par l’eau et a fait une chute épouvantable dans un précipice. Bref, si je n’ai pas laissé de sang aux buissons de la route, j’ai arrosé toutes mes étapes d’une abondante sueur.

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