De taly à saigon- retour à tchong tchouen –mort du commandant de Largée – la mission de long ki – siu tcheou fou – nous nous embarquons sur le fleuve bleu- tchong kin jou- han keou – shanghai – saigon partie 4

Nous sentions vivement combien les hautes qualités morales et intellectuelles du commandant de Lagrée allaient nous faire défaut. Chez les hommes de l’escorte, le sentiment de la perte immense que nous venions de faire n’était ni moins vif ni moins unanime. Nul n’avait pu apprécier mieux qu’eux ce qu’il y avait eu d’entrain et de gaieté dans le courage de leur chef, d’énergie dans sa volonté, de bonté et de douceur dans son caractère. Ils se rappelaient avec quel patient dévouement M. de Lagrée avait travaillé, pendant tout le voyage, à subvenir à leurs besoins et à diminuer leurs fatigues. Aussi, dès que je témoignai l’intention d’emporter avec nous le corps de leur ancien chef, ils s’offrirent, malgré leur insuffisance évidente, à le porter eux-mêmes.

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La situation précaire du pays, l’absence de tout missionnaire, de tout chrétien pouvant veiller à l’entretien du tombeau ou le protéger contre une profanation, me faisaient craindre en effet qu’au bout de quelques années il n’en restât plus de vestiges. Tong- tchouen pouvait tomber au pouvoir des mahométans, et ce changement de domination nous enlever la faible garantie que nous offrait le bon vouloir des autorités chinoises.

Je ne voulus pas courir les chances d’une violation de sépulture, fâcheuse pour le pavillon, douloureuse pour une si chère mémoire. Je résolus d’exhumer le corps et de le faire porter à Siu-tcheou fou. Ce trajet devait être excessivement difficile et pénible, en raison du poids énorme des cercueils chinois, de l’état des routes et de la configuration montagneuse de la contrée. A partir de Siu-tcheou fou, au contraire, le transport du cercueil jusque sur une terre française n’offrait plus aucun obstacle, puisque le voyage pouvait se faire entièrement par eau.
Il me sembla que la colonie de Cochinchine serait heureuse de donner un asiie à !a dépouille de celui qui venait de lui ouvrir une voie nouvelle et féconde ; qu’elle voudrait consacrer le souvenir de tant de travaux si ardemment poursuivis, de tant de souffrances si noblement supportées.

Le Yang ta-jen avait quitté long-tchouen depuis quelques jours pour prendre le commandement de ses troupes. H avait témoigné jusqu’au dernier moment à M. de Lagrée la déférence la plus sympathique, et il avait facilité par tous les moyens en son pouvoir la lourde et pénible tâche qu’avait eue à remplir M. Joubert après le décès du chef de l’expédition. J’envoyai au Yang ta-jen une petite carabine Lefaucheux, qui ne m’avait pas quitté pendant tout le voyage et qu’il avait fort admirée lors de notre première entrevue, et je lui exprimai par lettre notre profonde reconnaissance. Kong-ta-lao-ye, qui le remplaçait à Tong-tchouen, m’aida à conclure un marché pour le transport du cercueil de M. de Lagrée à Siu-tcheou fou. Ce transport devait être fait dans un délai maximum de trente jours, et moyennant une somme de cent vingt taels, payable à l’arrivée.

Le 5 avril, la petite expédition assista en armes à l’exhumation du corps de son chef.
Le tombeau élevé par M. Joubert fut transformé en cénotaphe, et une inscription en français mentionna le triste événement dont ce monument devait conserver le souvenir.
Le 7 avril, nous quittâmes Tong-tchouen pour effectuer définitivement notre retour. Nous étions tous à bout de forces ; la santé de notre escorte surtout était profondément atteinte : sur les qua-torze personnes qui composaient à ce moment l’expédition, il y en avait souvent la moitié malade de la fièvre. Je dus faire voyager quelquefois les Annamites en chaise à porteurs, pour ne pas être obligé de ralentir notre marche. Les pluies arrivaient ; il fallait nous hâter de sortir de la région montagneuse où nous nous trouvions.
La population de la ville et de la plaine forme une race à part, qui se distingue des Chinois proprement dits par sa coiffure et sa prononciation. On a vu, dans le chapitre relatif à l’histoire du Yun- nan, que les Tong-tchouen jen avaient conservé longtemps leur indépendance. Les environs de Tong-tchouen sont habités par des Y-kia. La route que nous suivions traverse un plateau d’un aspect moins désolé que la contrée qui sépare Yun-nan de Tong-tchouen, et que ravinent quelques vallées pierreuses et peu profondes.

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