De taly à saigon- retour à tchong tchouen –mort du commandant de Largée – la mission de long ki – siu tcheou fou – nous nous embarquons sur le fleuve bleu- tchong kin jou- han keou – shanghai – saigon partie 6

Le tao-tai ou « sous-gouverneur de province », et le fou ou « préfet du département » étaient absents pour cause de deuil 4 au moment de notre passage.
Le 11 avril, nous fîmes notre entrée à Tchao-tong, où le hien nous reçut avec beaucoup de cordialité, en l’absence des mandarins représentant la province et le département.

Nous nous installâmes dans le presbytère d’un prêtre indigène chargé de la petite chrétienté de la ville. La foule se montra, selon l’usage, d’une curiosité et d’une importunité extrêmes. Nous dûmes réclamer des gardes au fou par intérim, et la pose d’une affiche interdisant les abords de notre demeure. Le tche-hien ou administrateur de l’arrondissement particulier de Tchao-tong, vint nous rendre visite dès notre arrivée, et nous invita à dîner pour le lendemain soir. Le repas eut quatorze services au moins, sans compter les graines de concombre, les mandarines et les qui servirent de préliminaires. Rien de nouveau d’ailleurs à signaler aux gourmets ou aux amis de l’excentrique, si ce n’est des œufs de pigeon que je trouvai exquis, et une espèce particulière de poisson, pêchée dans un étang voisin, dont la chair a une saveur toute particulière. Pendant le repas, les femmes de notre hôte regardaient attentivement par une jalousie la physionomie des étrangers. Elles durent rire plus d’une fois de leur maladresse à se servir des ustensiles chinois, et s’étonner sans doute que des gens parvenus à l’âge avancé que trahissait leur longue barbe eussent entrepris un aussi lointain et un aussi périlleux voyage.

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Tchao-tong, comme toutes les villes de cette importance en Chine, est entourée d’une enceinte bastionnée, de forme rectangulaire, qui a environ trois kilomètres de développement. Des faubourgs considérables prolongent, au nord, à l’est et à l’ouest, les rues qui aboutissent aux portes de la ville. Celle-ci n’a jamais été prise par les mahométans, et sa population est animée d’une haine farouche contre les rebelles de Ta-ly. Un commandant militaire, envoyé il y a quelque temps, par le Ma ta-jen, et comme lui sectateur du Coran, a été mis à la porte par les habitants du Tchao- tong, malgré ses protestations de fidélité à l’empereur. Toutes ces villes du Yun-nan conservent une indépendance d’allures qui tient au mélange intime qui s’est opéré entre les premiers colons chinois et les vigoureuses populations indigènes. Les annales de la dynastie mongole mentionnent les gens de Tchao-tong, de Tong-tchouen et de Ou-ting comme formant encore, à la fin du XIIIe siècle, des principautés s’administrant elles-mêmes, et secouant à chaque occasion favorable la faible autorité des vice-rois du Yun-nan. Dans les environs de Tchao-tong vivent des tribus sauvages appelées Houan Miao, et appartenant à la même couche que les Miao-tse.

La plaine de Tcha-tong est une des plus grandes que nous ayons traversées dans le Yun-nan. Elle est très bien cultivée. Les champs de pavot destinés à la production de l’opium y tiennent une large place. On s’y plaint du manque d’eau ; elle n’est arrosée, en effet, que par de très petits ruisseaux, presque à sec à une certaine époque de l’année. Elle est riche en gisements d’anthracite et de tourbe.

Un petit étang très poissonneux se trouve dans le sud-ouest. Nous n’eûmes pas l’occasion d’en goûter les produits.
Tchao-tong est une des étapes les plus importantes du commerce qui se fait entre la Chine et le Yun-nan. D’énormes convois de coton brut, de cotonnades anglaises ou indigènes, de sel venu du Se-tchouen, s’y croisent avec les métaux, l’étain et le zinc surtout, que fournissent les environs de Tong-tchouen, les matières médicinales que l’on tire de l’ouest du Yun-nan et du nord du Tibet, et les nids de l’insecte (coccus Sinensis) qui donne la cire à pe-la. On sait que cet insecte est élevé sur une espèce de troëne qui croît dans les parties montagneuses du Yun-nan et du Se-tchouen, puis transporté sur d’autres arbres favorables à la production de la cire, et situés dans des régions plus chaudes. Ces nids doivent faire le voyage avec la plus grande rapidité pour que les insectes fraîchement éclos ne meurent point avant d’arriver à leur nouveau domicile ; ils sont placés dans de grands paniers divisés en plusieurs compartiments, et ceux qui les portent font souvent trente ou qua-rante lieues au pas de course, pour ne pas perdre le fruit de leurs peines.

4. On sait qu’à la mort de leurs parents les fonctionnaires chinois cessent de remplir leurs fonctions pendant un certain temps. Pour un père ou une mère le deuil dure trois ans, pendant lesquels on rentre dans la vie privée.

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