De taly à saigon- retour à tchong tchouen –mort du commandant de Largée – la mission de long ki – siu tcheou fou – nous nous embarquons sur le fleuve bleu- tchong kin jou- han keou – shanghai – saigon partie 1

L’insuccès de notre voyage à Ta-ly avait compromis la situation du P. Leguilcher, qui ne pouvait pïus sans danger rester dans le pays. Neuf individus, dont quatre Français, avaient paru assez dangereux pour porter ombrage au sultan, assez redoutables pour qu’il n’osât s’en débarrasser par la force, mais, après leur départ, te missionnaire qui leur avait servi de guide et d’interprète restait sans défense devant une vengeance qui ne perdrait rien pour être différée. Le P. Leguilcher le comprit, et, malgré le serrement de cœur qu’il éprouvait à quitter sa chrétienté, H consentit à nous suivre jusqu’à Siu-tcheou fou, ville où nous avait donné rendez-vous le commandant de Lagrée, et dans le voisinage de laquelle résidait le vicaire apostolique du Yun-nan. Nous partîmes ensemble le 8 mars. Malgré le secret gardé sur ce départ, les familles chrétiennes les plus voisines le devinèrent et s’en émurent. Le Père leur fit ses adieux en des paroles touchantes qui firent couler bien des larmes.

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Le P. Leguilcher n’amena avec lui qu’un jeune orphelin qu’il avait recueilli en bas âge et qui, depuis, ne l’avait jamais quitté. Ce petit néophyte, appelé Isidore Fang, nous rendit dans la suite par son intelligence et son dévouement de nombreux services.

Le 15 mars, après une marche rapide et sans incidents graves, nous nous retrouvions sur le territoire des impériaux. En passant devant la douane de Nioung-poung-tse, le P. Leguilcher fut reconnu et signalé par un soldat. Domicilé dans le pays depuis longues années et n’étant pas commerçant, il n’avait pas le droit de quitter sans autorisation le territoire mahométan.
Heureusement, nos Annamites étaient à portée du Père, et le traitement qu’ils firent subir au délateur dissuada ses camarades de s’opposer à notre passage : ils se bornèrent à nous saluer respectueusement.

Le lendemain, nous quittâmes la route que nous avions suivie pour venir de Ma-chang, et nous nous dirigeâmes directement vers Hong-pou-so. Ce ne fut pas sans expédier un courrier au P. Lu, pour le prévenir de l’arrivée du P. Leguilcher et lui donner rendez- vous dans ce dernier village. Nous arrivâmes de bonne heure à Tcha0ng-sin, petit marché où régnait une animation extraordinaire Nous y reçûmes le meilleur accueil, et tes autorités nous félicitèrent d’être revenus sains et saufs de Ta-ty.

Tchang-sin est situé à t’ouest, et près de la ligne de faîte de ta grande chaîne qui part du centre du Yun-nan pour venir mourir au confluent du Kin-chag kiang et du Pe-chouy kiang. Une sorte de foire se tenait dans te village et y groupait tous les montagnards des environs. On aurait pu composer de leurs types ta gamme humaine ta plus variée et ta plus étrange, depuis l’escamoteur chinois, à l’œit intelligent et à ta désinvolture agite, qui retenait autour de tui, par ses lazzis et ses bons tours, un cercte nombreux de spectateurs, jusqu’aux vieilles femmes sauvages, couronnées de feuillage et abreuvées d’eau-de-vie de vin, qui étaient venues vendre teurs étoffes de chanvre au marché. Nous eûmes, te jour suivant, te même spectacle à Can-tchou-tse, village placé sur te versant opposé de ta chaîne, à une hauteur de deux mille cinq cents mètres. Des femmes de Si-fan, avec leur béret original, à chaîne d’argent et à gland sur le côté, faisaient assez bonne figure à côté des Chinois et des Min-kia de la localité. A partir de Can-tchou-tse, on descend dans une vallée basse, chaude et bien cultivée, où s’élève la ville de Sen-o-kay. C’est là que résidait le chef du pays de Che- lou-li, nom que l’on donne à la région dont Ta-yao-hien est le centre et dont dépendent les salines de Peyen-tsin. Che-lou-li veut dire « Les seize familles » ou « Les seize tribus », et fait allusion à l’organisation particulière de la contrée. Au moment de la révolte des mahométans, le chef indigène de Ta-yao, nommé Pen-tse-yang, fît assembler les principaux du pays, les excita à ta résistance, leva des milices et combattit pied à pied contre l’invasion.

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