Départ de Houtén – Nong Kay et les ruines de Vien Chan partie 5

Nous arrivâmes le 20 mars à l’embouchure d’un affluent navigable, le Nam San, qui paraissait provenir de cette nouvelle chaîne. Un grand et beau village, Bouncang, s’élevait vis-à-vis, sur la rive droite, et nous prîmes terre, vers quatre heures du soir, sur la Magnifique plage de sable que la baisse des eaux avait laissée à découvert au pied des maisons et des jardins qui bordaient le

1 Nam, qui, en laotien comme en siamois, veut dire « eau », remplace, dans la Partie moyenne et supérieure du Laos, le mot se, usité dans le Laos intérieur pour designer une rivière.

fleuve. Nous nous trouvions là dans la province de Ponpissay, égale distance de son chef-lieu et de Saniaboury. Une fête mettait toute la population en liesse : c’était jour de pleine lune, consacré, comme Von sait, par les rites bouddhiques. Les pagodes regor-geaient de fleurs, de fruits et de fidèles. Dans les rues du village un grand nombre de marchands ambulants se disputaient les faveurs de la foule. Il me sembla même que le nombre et la variété des étalages offerts au public attestaient une civilisation plus raffinée et des goûts moins simples que ceux du Laos méridional. Le commerce avec Ban Kok par Korat trouve, sur ce fertile et populeux plateau que le fleuve contourne si paisiblement à partir de Ban Mouk et dont le Se Moun est une des grandes artères, un débouché plus facile et des communications plus régulières que ceux que les provinces de Bassac et de Khong peuvent lui offrir. Aussi les marchandises européennes, cotonnades et objets de quincaillerie, étaient-elles relativement assez nombreuses à Bouncang. Quant aux denrées indigènes, nous remarquâmes pour la première fois Vapparition de la cannelle.
Mais pour moi le plus grand intérêt de notre halte était moins dans le spectacle animé et parfois, hélas ! aviné qu’offrait la population de Bouncang que dans une éclipse de lune que j’espérais pouvoir observer à la chute du jour. Malheureusement, l’horizon était légèrement embrumé, comme il arrive toujours après les chaudes journées de la saison sèche, et, d’après les limites que j’assignais à notre longitude, le phénomène devait se produire presque immédiatement après le lever de la lune. Quelques légers stratus vinrent à ce moment s’ajouter au rideau de vapeurs qui voilaient l’orient, et mes préparatifs devinrent inutiles. Ce fut pour moi une vive contrariété que la perte de cette occasion de rectifier notre position géographique et de régler nos chronomètres. Elle ne se représenta plus dans toute la suite de notre voyage.
Le lendemain, nous continuâmes à faire de l’ouest en remontant le fleuve ; cette direction où il persistait depuis trois jours n’était point un coude ordinaire produit par un accident de terrain local ; elle attestait un changement réel et durable dans l’orientation générale de la vallée que nous explorions. De temps en temps, nous découvrions, enveloppée dans les lentes sinuosités du fleuve, une île, joyau verdoyant sur les eaux paisibles dont elle élargissait le lit sablonneux et peu profond ; quelquefois aussi, des bancs de roches, assises souterraines des montagnes de la rive gauche, venaient étrangler brusquement le fleuve, qui retrouvait alors pendant un court intervalle ses grandes profondeurs d’autrefois et un courant plus accentué. Ces rapides n’offraient aucun danger à ce moment de Vannée ; mais les quelques rochers épars sur les rives, et alors à découvert, produisent, aux hautes eaux, des tourbillons si violents que le passage reste impossible, pendant quelques semaines, à l’un de ces rapides nommé Hang Hong. Les bateliers entretiennent soigneusement quelques fleurs au pied d’une petite statue de Bouddha placée sur l’un des rochers qui le dominent.

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