Départ de Luang Prabang- Les grottes de Pak Hou- Une ource du Menam- Pak Ben- Une barque en perdition Spak Ta- Xieng Khong- Les volcans de Ban Tanoun- Premières difficultés graves- Les sauvages Lemeth- Départ de Xieng Khong- Ruines de Xieng Hai et de Xieng Sen- Souvenirs historiques- Arrivée au rapide Tang Ho- Un coin du paradis terrestre- Route du fleuve à Muong Lim partie 15

. A peine avais-je fait quelques brasses en pleine eau que deux éléphants sortirent de la forêt et se dirigèrent à leur tour vers le fleuve. A ma vue, l’un d’eux s’arrêta et rebroussa chemin. J’eusse bien desire, malgré la bonne opinion que je professe sur le caractère de ces animaux, que son compagnon l’imitât. Mais il n’en fut rien, et après un instant d’hésitation, celui-ci entra dans l’eau en allongean a trompe de mon côté et en reniflant bruyamment. Je ne savais trop quel parti prendre : revenir à la berge, où la forêt et les rochers me barraient le chemin de deux côtés sur trois, était peut-être p u dangereux encore que de rester dans l’eau ; je restai donc en ntf faisant le plus petit possible et en observant attentivement les démarches du proboscidien, prêt à tirer la brasse en plein courant, au risque d’être emporté bien loin de mes vêtements et de n*es notes, si l’animal faisait mine de trop se rapprocher de moi.

Il était d’un brun noir magnifique ; sa haute taille et la longueur de ses défenses prouvaient qu’il avait atteint depuis longtemps le terme de son développement. Il s’avança dans l’eau jusqu’au ventre et se mit en devoir de s asperger le dos avec sa trompe. Nous étions a une vingtaine de mètres l’un de l’autre, et il tenait constamment ses petits yeux gris fixés sur moi, en allongeant de temps en temps sa trompe dans ma direction. Mais bientôt il parut prendre tant de plaisir à se verser des douches sur le corps qu’il narut ne dus faire grand cas de ma présence. Je me rapprochai peu à peu de la rive, ou mes effets sechaient au soleil ; Je les jetai et je continuai ma route d’un pas rapide, en jetant coup d’œil furtif sur mon compagnon de bain. Celui ci ne daigna Permettaient que de leur donner une charge faible. malgré toutes nos réductions de bagages,nos instrument et nos objets d’échange formaient encore le chargement d’une vingtaine de boeufs. c’était là le chiffre qui avait été demandé. Les huit bêtes de sommes qui manquaient ne devaient, nous dit-on, arriver que le lendemain soir. M. de Lagrée se résolut à partir au point du jour avec tous les autres membres de la commission. Nous congédiâmes définitivement les barques de Xieng Khong, qui attendaient depuis trois jours l’issue des négociations entamées avec Muong Lim. Je dus rester au sala avec deux Annamites pour garder le reste de nos bagages jusqu’à l’arrivée des huits bœufs porteurs annoncés.

J’attendis quarante-huit heures, pendant lesquelles les pluies continuèrent avec une telle force que les eaux du fleuve montèrent de plus de trois mètres et vinrent baigner le pied même des colonnes qui supportaient le sala. J’appris que la plupart des bœufs s’étaient abattus pendant le court trajet de la commission et que leurs fardeaux avaient dû être répartis entre des porteurs.il avait fallu cinq heures pour franchir les quatorze kilomètres qui s’étendent entre le sala et Muong Lim. C’était un indice des difficultés nue nous allions avoir à vaincre en continuant notre voyage par terre pendant la saison des pluies. On m’envoya vingt hommes au lieu des huit bœufs que j’attendais ; je leur partageai le reste des bagages, et le 23 juin je rejoignis avec eux la commission.

Quand on a franchi les deux ou trois petites chaînes de collines qui bordent le fleuve, et entre lesquelles coulent de petits ruisseaux dont le lit sert de route pendant la plus grande partie du trajet, on se trouve dans une grande plaine qu’arrose le Nam Lim et où s’élève le muong de ce nom. Le Nam Lim est une rivière assez considérable, que nous dûmes passer en barque, et qui paraît venir d’un lac situé près de la ligne de partage des eaux du Cambodge et de la Salouen.

Le campement de la commission était situé à l’une des extrémités du village. C’était une longue maison reposant directement sur le sol et à l’intérieur de laquelle étaient établis des lits de camp. La construction des cases sur des colonnes qui en élèvent le plancher au dessus du sol devenait ici moins générale. Il y avait déjà grande affluence de monde autour de notre demeure et j’eus quelque peine à y pénétrer. même pas se retourner pour regarder la direction que je prenais, et j’aperçus longtemps encore les jets d’eau qu’il lançait en l’air, retomber en pluie irisée par les rayons du soleil.

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Vers midi, la rive du fleuve se transforma définitivement en une haute muraille à pic, couverte, comme toujours, d’une végétation inextricable. Il y avait six heures que je marchais ; j’étais harassé de fatigue, le sable et les rochers s’étaient échauffés aux rayons du soleil, malgré les nombreux nuages qui venaient à chaque instant en tempérer l’ardeur ; mes pieds nus étaient gonflés et saignants. L’amour de la géographie céda au cri de la nature. Je pris un dernier relèvement du fleuve, je choisis un endroit ombreux et une place nette sur les bords de la forêt, et j’ouvris le paquet de provisions que m’avait remis le cuisinier au départ : du riz en guise de pain et un poulet rôti en composaient le contenu. L’eau du fleuve n’était pas loin. Je fis un repas qui procura plus de jouissances à mon appétit excité par une longue marche que les festins les plus succulents du monde civilisé. A une heure, je rebroussai chemin. C’était le moment de la sieste. La brise était tombée et la chaleur devenait étouffante. Les rives du fleuve, occupées le matin par les animaux, qui viennent s’y désaltérer à leur réveil, étaient redevenues désertes ; la forêt était silencieuse.

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