La région des rapides- Rencontre d’un Européen- Pak lay- Les rapides Keng Luong et Keng Sanioc- Un radeau naufragé- Un poisson gigantesque- Arrivée à Luang Pra- bang- Importance de cette ville partie 18

Un monde de bateliers et de portefaix se mouvait au pied de la berge» et il s’en échappait une clameur confuse qui se mélangeait au murmure des eaux du fleuve et au bruissement des palmiers que le vent balançait sur les bords.
Deux plans successifs de hautes montagnes formaient à ce tableau un sombre canevas sur lequel, tout inondés de lumière, le fleuve et la ville s’enlevaient avec vigueur. Quelques nuages flottaient au-dessus des plus hautes cimes, et traçaient une ligne de démarcation irrégulière et indécise entre le vif azur du ciel et les teintes bleuâtres et dégradées des plus lointains horizons terrestres.

Sur l’autre rive du fleuve régnaient un calme et un silence relatifs ; sur la berge même, de longues rangées de bambous destinés à faire sécher les filets et le poisson ; un peu au-delà, des jardins, quelques maisons éparses et des pagodes ; en troisième plan, une rangée de collines aux pentes abruptes et dénudées.

Il était midi quand nos barques s’arrêtèrent devant la ville : un mandarin subalterne se trouvait là pour nous recevoir. Nos hommes en armes descendirent à terre et formèrent la haie sur le passage du commandant de Lagrée. Guidés par notre cicérone indigène, nous gravîmes la berge, et nous pénétrâmes dans la ville. Pour la première fois, nous trouvions des rues très larges et assez régulières, se coupant à angle droit, et formées par les maisons elles-mêmes ou par les hautes palissades qui en entouraient les dépendances. Après un court trajet, nous arrivâmes à Wat Poun- keo, pagode qui nous était assignée pour demeure jusqu’à ce qu’un logement spécial nous fût construit.

La population, qui eût été fort incommode si elle eût été importune, se montra moins empressée à nous voir que nous ne l’avions craint. Soit que le séjour de Mouhot et le passage de M. Duyshart eussent émoussé déjà sa curiosité, soit qu’elle fût trop affairée pour s’apercevoir de notre présence, nous n’eûmes à nous débarrasser que des quelques gamins trop audacieux qui franchissaient l’enceinte de la pagode, et nous pûmes visiter la ville et observer ce qui s’y passait sans trop de gêne et sans trop d’émoi.
Un affluent assez important du Cambodge, le Nam Kan, vient contourner à l’est et au nord la petite colline au pied de laquelle la ville est construite et partage celle-ci en deux parties inégales dont la plus considérable reste au sud de son embouchure. Les bords du Nam Kan offrent, jusqu’à une assez grande distance dans l’intérieur, une succession ininterrompue de pagodes et de grands jardins où l’on cultive le bétel et où notre botaniste retrouva pour la première fois des pêchers, des pruniers, des lauriers-roses. Nous entrions dans une zone plus tempérée, où les fruits et les arbustes de l’Asie centrale peuvent croître et se développer.
C’est dans la partie méridionale de la ville que s’élève le palais du roi, énorme entassement de cases entouré d’une haute et forte Palissade, et formant un rectangle dont l’un des côtés est contigu à la base de la colline centrale, qui est en cet endroit presque à pjc Un escalier de plusieurs centaines de marches est pratiqué là dans le roc et conduit directement à la pyramide sacrée qui en couronne le sommet. Un marché quotidien et excessivement animé se tient sous des hangars spéciaux situés près du confluent du Nam Kan et du Cambodge ; mais tous les marchands sont loin de pouvoir y trouver place, et les échoppes en plein vent se prolongent encore pendant plus d’un kilomètre le long d’une grande rue parallèle au fleuve, sur laquelle donne la pagode que nous avions pour logement. C’était la première fois depuis notre départ de Pnom Penh que nous trouvions un marché dans le sens que l’on est habitué en Europe à donner à ce mot.

Cette activité subite, ce commerce devenu relativement considérable, si on en jugeait par les types nombreux et divers qui représentaient à Luang Prabang toutes les nations de PIndo-Chine et de l’Inde, accusaient, évidemment moins un changement de race ou une augmentation des produits du sol qu’une différence radicale dans le régime politique. Plus riches et plus commerçantes encore avaient été les régions du Laos méridional au temps de leur indépendance ; l’oppression et le monopole siamois, en faisant aux vainqueurs une trop large part dans les bénéfices, ont seuls dégoûté les vaincus d’un travail devenu stérile et d’échanges qui se trouvent ruineux. A Luang Prabang, si la vie renaissait, c’est que la sujétion siamoise ne devait comporter que des charges légères et que l’on sentait à Ban Kok quels ménagements étaient dus à cette puissante province.

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