La région des rapides- Rencontre d’un Européen- Pak lay- Les rapides Keng Luong et Keng Sanioc- Un radeau naufragé- Un poisson gigantesque- Arrivée à Luang Pra- bang- Importance de cette ville partie 1

Quelques milles au-dessus de Vien Chan, le Mékong s’encaisse définitivement entre deux rangées de collines qui resserrent et dominent son lit de toutes parts. Ses eaux, qui jusque-là, majestueuses et tranquilles, s’étaient paisiblement déroulées en formant de capricieux méandres sur le vaste plateau du Laos central, accélèrent leur course et bouillonnent au milieu des roches. Le noble fleuve, qui comptait parfois sa largeur par kilomètres, endigué maintenant entre deux barrières dont l’élévation va sans cesse en augmentant, se trouve contenu tout entier dans un fossé qui atteint rarement cinq à six cents mètres de largeur, et dont il ne réussit jamais à sortir. Aux eaux basses, il n’occupe même plus qu’une fraction minime de cet espace, et son lit ne présente au regard qu’une surface rocheuse inégale et tourmentée, mosaïque grandiose où l’on rencontre des échantillons de toutes les formations métamorphiques, marbres, schistes, serpentines, jades même, curieusement colorés et quelquefois admirablement polis. Au centre, une étroite fissure, sorte de canal dont la largeur se réduit parfois à quarante mètres, mais dont la profondeur en atteint plus de cent, renferme toutes les eaux du fleuve, qui y coule impétueux entre deux murailles de roches complètement à pic. A de rares interruptions près, tel est l’aspect que devait nous offrir le Mékong jusqu’au point où nous allions être obligés de quitter ses rives, et cet aspect, il le conserve très probablement jusqu’au Tibet. Aucun fleuve du monde ne présente sans doute sur un aussi long espace une physionomie aussi singulière et aussi remarquable.

Le soir même de notre départ de Vien Chan, nous arrivâmes au pied des collines entre lesquelles le fleuve allait s’engager et se frayer un difficile et sinueux chemin. Pendant une dizaine de milles à partir de Vien Chan, ses eaux, larges et peu profondes, coulent entre des rives basses couvertes de maisons et de jardins, et suivent une ligne droite dirigée à l’ouest, quelques degrés nord. Au point où nous nous arrêtâmes pour passer la nuit, la largeur du fleuve tombe brusquement à deux cents mètres, et la sonde accuse, assez près du bord, quarante-huit mètres de profondeur, mais le courant reste faible et la surface des eaux paisible. Rien ne faisait prévoir encore les difficultés de navigation que nous allions rencontrer les jours suivants.

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Le lendemain, 5 avril, nous fîmes encore assez facilement une dizaine de milles entre deux rives de plus en plus resserrées ; le fleuve se réduisit à une centaine de mètres de largeur, tandis que la sonde accusait soixante mètres de fond. Les hauteurs boisées qui encadraient la rivière offraient un aspect pittoresque, mais sauvage : nulle habitation, nulle trace de l’homme sur les berges, dont les animaux de la forêt avaient repris possession. Vers une heure de l’après-midi, nous arrivâmes à un premier rapide formé par les cailloux et les galets qu’accumule à son embouchure un petit affluent de la rive gauche du fleuve, le Nam Thon. Au-delà, le lit du fleuve s’élargissait en s’encombrant de roches, et offrait entièrement le singulier aspect que j’ai essayé de décrire en commençant. Nos bateliers se déclarèrent incapables de nous conduire au milieu de ce labyrinthe d’écueils, et nous dûmes demander des gui-des au chef d’un petit village situé sur la rive droite, un peu au- dessus du rapide. Ce ne fut pas sans peine que nous les obtînmes : les difficultés du passage étaient trop grandes, la saison pluvieuse déjà trop avancée ; aucun mandarin, même les mandarins siamois, ne remontait le fleuve à pareille époque ; bref, on ne répondit pas de faire passer nos barques, si légères et si petites qu’elles fussent, jusqu’au muong prochain, celui de Xieng Cang. Ces réserves faites pour mettre leur responsabilité à l’abri, quelques indigènes se décidèrent à se joindre comme pilotes à nos équipages laotiens.

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