Le Yang ta jen- Maladie de M. De Largee – Repugnance des autorités chinoises à nous laisser partir pour Ta-ly – Lettre du P.Fenouil- Je pars pour les pays malhométants de l’Ouest avec une partie de l’expédition – le fleuve Bleu – Houey ly tcheo – Hong pou so- Nous faisons connaissance avec le P Lu – Mine de charbon et population mixtes de Ma-Chang partie 11

Les communications directes entre Ta-sien-lou et Houey-ly tcheou étaient interrompues depuis plu-sieurs années et nous ne trouverions personne qui consentît à nous suivre dans cette direction.

Puisqu’il fallait à tout prix obtenir une autorisation des autorités mahométanes pour parvenir jusqu’au Mékong, il valait mieux aller la chercher directement à Ta-ly. La mauvaise volonté d’un intermédiaire pouvait nous causer un irrémédiable échec ; sa bienveillance pouvait être mise à un trop haut prix ; dans les deux cas, son intervention était une perte considérable de temps, et nos jours étaient comptés. Je résolus donc d’aller à Ma-chang, visiter les gisements houillers qu’on nous avait signalés dans le voisinage, et de me diriger ensuite sur Tou-touy-tseu, petite mission catholique dirigée par le P. Leguilcher et située à quelques lieues au nord de Ta- ly. Les nouveaux renseignements que j’obtiendrais de ce mission-naire détermineraient la conduite ultérieure à tenir.

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Le P. Lu nous avait quittés un instant pour aller conférer dans la salle voisine avec les mandarins de la localité. J’entendis quelques vociférations auxquelles je ne pris pas garde. Depuis que duraient les fêtes du Jour de l’an, nous étions habitués à voir les fonctionnaires eux-mêmes manquer aux règles de la tempérance et du bon ton. Le P. Lu sortit peu après, la figure un peu émue ; il m’affirma cependant qu’il ne s’était rien passé qui dût m’alarmer : une querelle de gens ivres, me dit-il. H me demanda la permission de nous quitter pour vaquer aux soins de sa chrétienté. Nous nous donnâmes rendez-vous au repas du soir pour arrêter définitivement tous nos plans.

Quelques heures plus tard, je reçus de lui un petit billet, dans lequel il m’annonçait qu’un ordre du chef chinois de Kieou-ya-pin, poste frontière dont dépendait Ma-chang, rappelait immédiatement tous les chrétiens qui l’avaient accompagné, pour soutenir l’attaque d’un corps de troupes mahométan dont l’approche était signalée. « Dans cette occurrence, ajoutait-il, je n’ose rester dans le pays et je pars pour Ning-yuen fou, en regrettant de ne plus pouvoir vous être d’aucun secours. »

Ce brusque adieu me stupéfia et je ne pus tout d’abord en deviner la cause ; le lendemain matin, je me fis conduire chez le jeune prêtre, que je trouvai tout en larmes. L’invasion prochaine de sa communauté était, me dit-il, le seul sujet de ses frayeurs et de son chagrin. Je m’efforçai de le rassurer et de le décider à nous accompagner à Ma-chang. Il m’objecta que le moment était venu de faire sa tournée pastorale, et que s’il la différait encore, le mauvais temps viendrait, qui la rendrait impossible. Je lui promis d’écrire à son évêque ; mais je m’aperçus bientôt que la raison qu’il don-nait pour se séparer de nous n’était pas la véritable : il m’avoua, en effet, que la veille il avait eu une altercation avec le chef du village, qui lui avait vivement reproché de se faire l’interprète d’étran-gers que tout bon Chinois devait haïr, et qu’il craignait de voir se renouveler pareille scène. Je lui représentai que nous étions les hôtes officiels de la Chine, munis de lettres dont mieux que personne il pouvait apprécier la valeur, et que, si on se permettait devant nous une pareille incartade, je saurais en obtenir le châtiment. A ce moment arriva une lettre du P. Leguilcher, confirmant le projet d’attaque de la frontière attribué aux mahométans de Yong-pe, mais conseillant au jeune prêtre de rester à son poste. Ce conseil, le désir de nous être utile, triomphèrent de ses frayeurs. Nous partîmes tous ensemble à midi pour Ma-chang.
Après avoir traversé en bac le Ya-long kiang, nous suivîmes la rive gauche du fleuve Bleu, dont le cours est sinueux et s’encaisse peu à peu à partir de ce point. 11 conserve cependant de belles apparences de navigabilité de Ma-chang à Hong-pou-so, et même, un peu au-dessous, la circulation par barques serait très facile. Ce trajet est limité par un rapide très considérable, presque une chute. En définitive, le fleuve Bleu n’est utilisé entre Li-kiang et Mong- kou qu’au transport des pièces de bois coupées dans les forêts des environs de la première de ces deux villes ; encore faut-il défaire les radeaux pour leur faire franchir les rapides, et il arrive que les pièces de bois se brisent en les traversant.

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