Le Yang ta jen- Maladie de M. De Largee – Repugnance des autorités chinoises à nous laisser partir pour Ta-ly – Lettre du P.Fenouil- Je pars pour les pays malhométants de l’Ouest avec une partie de l’expédition – le fleuve Bleu – Houey ly tcheo – Hong pou so- Nous faisons connaissance avec le P Lu – Mine de charbon et population mixtes de Ma-Chang partie 12

Un peu avant d’arriver à Ma-chang, nous visitâmes, sur les bords mêmes du fleuve des galeries pratiquées pour l’extraction du charbon. Elles sont creusées dans des couches de grès schisteux, à quelques mètres au-dessus du niveau de l’eau, et les infiltrations qui s’y produisent exigent un travail d’épuisement continu. Le charbon extrait est d’un aspect huileux et briHant, mais il est tellement friable et donne une proportion de poussier si considérable qu’on est obligé de le transformer en coke. On se sert pour cela d’un fourneau à deux orifices ; au centre, on place du charbon en gros morceaux ; on garnit le pourtour de poussier ; on mouille le tout, puis on met le feu en dessous. Quand la production de fumée a cessé, la transformation en coke est opérée. Ce coke s’appelle en chinois ; il se paye, sur les lieux, environ un franc les cent kilogrammes ; le charbon naturel vaut moitié moins. Il y a dans la montagne, à peu de distance de Ma-chang, d’autres galeries d’extraction que M. Thorel alla visiter. Elles ont une étendue très considérable ; le charbon est de meilleure qualité et il n’y a pas d’infiltrations. Nulle part nous n’avons entendu parler d’accidents occasionnés par le feu grisou.

Ayant quitté la capitale de la province, la mission s’arrête dans la petite bourgade de Tong Tchouen où le commandant de Largée, dont la santé s’est altérée , compte se reposer quelque temps. Pendant ce temps, Garnier s’efforcera de retourner vers les rives du Mékong dans une région occupée par les mulsumans révoltées, c’est le début de l’équipée qui mènera une partie des voyageurs non loin du Mékong,à Taly , où reside le sultan sécessionniste.

Le P. Lu nous fit trouver facilement les porteurs dont nous avions besoin pour entreprendre ce voyage. Il engagea en même temps à notre service, comme pourvoyeur et majordome, un ancien domestique de Mgr Chauveau, nommé Tching-eul-yé, qui avait Thabitude des relations officielles et savait comment on parle aux mandarins. Son dévouement à notre cause serait à toute épreuve, nous dit le P. Lu, si nous savions mettre d’accord ses intérêts avec la sympathie qu’il ressentait déjà pour nous. Nous lui fîmes une avance de dix taels, en lui promettant une gratification mensuelle en rapport avec ses services.

J’expédiai un courrier à M. de Lagrée pour Tinformer de ma résolution définitive et des raisons qui la motivaient, et le 16 février, nous franchîmes encore une fois le fleuve Bleu. Une longue et pénible ascension nous fit passer de l’altitude de treize cents mètres, qui est celle du fleuve à Ma-chang, à celle de deux mille, qui est l’altitude moyenne des lignes de faîte du plateau supérieur. Nous eûmes quelque peine à trouver un abri pour la nuit dans une ferme isolée, située au sommet des hauteurs qui dominent la rive droite du fleuve. A notre vue, les habitants s’enfuirent et ne lais-sèrent pour nous recevoir qu’une vieille femme, que Tching-eul- yé réussit facilement à rassurer sur nos intentions. Elle rappela les fugitifs. Cette première émotion était à peine calmée que M. de

Carné,qui s’était chargé du soin Je notre cavalerie, faillit occasionner un nouveau scandale. On trouve presque toujours dans les maisons chinoises des cercueils vides, destinés d’avance aux maitres de la maison. On tient à faire de bonne heure l’acquisition de ce logis suprême, et on ne saurait donner à quelqu’un une plus ‘rande preuve d’affection qu’en lui faisant ce cadeau funèbre. En ^absence de crèches, M. de Carné voulut se servir, pour faire manger nos chevaux, d’un cercueil négligemment posé dans le coin d’un hangar. Comme il s’acharnait après le couvercle qui résistait à ses efforts, la maîtresse de maison, tout en larmes, vint me supplier d’empêcher l’effraction : le propriétaire du cercueil était couché dedans.

Besuchen Sie uns unter: Ginger cruise Halong bay

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Powered by WordPress