Le Yang ta jen- Maladie de M. De Largee – Repugnance des autorités chinoises à nous laisser partir pour Ta-ly – Lettre du P.Fenouil- Je pars pour les pays malhométants de l’Ouest avec une partie de l’expédition – le fleuve Bleu – Houey ly tcheo – Hong pou so- Nous faisons connaissance avec le P Lu – Mine de charbon et population mixtes de Ma-Chang partie 13

Le lendemain, nous suivîmes quelque temps une crête toute couverte de forêts de pins, dont l’exploitation est vivement poussée par les bûcherons du pays ; nous traversâmes un village d’I-kias, dont les maisons, l’industrie et les cultures témoignent de leur long contact avec la race chinoise, et nous entrâmes, le soir, sur le territoire mahométan. Le pays était très peu peuplé, mais son aspect devenait plus pittoresque et moins désolé. Les pentes étaient boisées ; des buissons de rhododendrons en fleur, des touffes de camélias se penchaient sur les bords des torrents. Notre voyage n’était qu’une succession de montées et de descentes presque à pic, et il eût été difficile de trouver trois cents mètres d’un terrain horizontal. Mais nos fatigues trouvaient toujours le soir un asile confortable, et notre appétit un repas substantiel. Notre nouveau majordome faisait merveille et transformait en autant de domestiques les habitants craintifs des pauvres hameaux où nous logions. C’était bien un valet de chambre d’évêque : son obséquiosité et ses petits soins ne se démentaient pas une seconde ; dès notre arrivée à une étape, tous les bancs, tables et coussins du village étaient mis en réquisition pour faire nos lits. Tching-eul-yé se précipitait vers ia cuisine qui lui paraissait la plus confortable et faisait immédiatement préparer du thé, qu’il offrait lui-même « aux grands hommes ». Je ne me le représente qu’une tasse de thé à la main.

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Le 19 février, nous rejoignîmes la route qui de Hong-pou-so va directement à Ta-ly et que notre visite à Ma-chang nous avait fait abandonner. La circulation était active, et, après un isolement de quelques jours, nous nous trouvâmes subitement en nombreuse compagnie.
Nous cheminions sur les bords du Pe-maho, rivière assez considérable qui vient de Vao-tcheou et dont la vallée est très habitée. C’est là que nous vîmes flotter, pour la première fois, le pavillon
mahométan.
Un poste de douaniers, établi sur la rive gauche de la rivière, faisait acquitter les droits aux convois de marchandises qui se dirigeaient vers Ta-ly : je remarquai des caisses de fusils, de papier et de soieries, ouvertes à une sorte de bureau en plein vent, construit avec du feuillage ; des parapluies, du tabac, des objets de vannerie, venant de Hong-pou-so, complétaient cet apport commercial Des caravanes de chevaux chargés de sel se dirigeaient en sens opposé et venaient des fameuses satines de Pe-yen-tsin. Les soldats préposés à la douane nous regardèrent passer avec curiosité, mais ils ne nous adressèrent aucune question.
Le soir même, nous arrivâmes au village de Nga-da-ti, où un officier mahométan, affublé d’une double veste couverte de passementeries voyantes, se présenta à nous, escorté de quelques porteurs de bannières et au bruit de nombreux pétards. Il fut poli, mais très froid, et me demanda à voir les lettres dont j’étais porteur. Je lui demandai à mon tour, par l’intermédiaire de Tching- eul-yé, s’il avait une autorité suffisante pour me garantir la libre circulation jusqu’à Ta-ly, dans le cas où le contenu de mes passeports lui paraîtrait satisfaisant. Il m’apprit qu’il y avait à Pe-you-ti, notre prochaine étape, et à la ville de Pin-tchouen, où nous devions arriver dans quatre jours, des chefs plus importants que lui, à la décision desquels je devrais me soumettre. « C’est à eux, lui répondis-je, que je montrerai mes passeports. » Il insista avec plus de force pour les voir. Je me déclarai trop grand mandarin et lui trop petit officier pour consentir à cette marque de déférence. Il menaça de s’opposer à mon départ. Je me mis à éclater de rire et je m’amusai à lui montrer nos armes, nos revolvers surtout. Sa stupéfaction fut grande, et il me dit qu’à Ta-ly même on ne possé-dait rien de pareil.

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