Le Yang ta jen- Maladie de M. De Largee – Repugnance des autorités chinoises à nous laisser partir pour Ta-ly – Lettre du P.Fenouil- Je pars pour les pays malhométants de l’Ouest avec une partie de l’expédition – le fleuve Bleu – Houey ly tcheo – Hong pou so- Nous faisons connaissance avec le P Lu – Mine de charbon et population mixtes de Ma-Chang partie 14

Après une longue séance prolongée fort avant dans la nuit, et pendant laquelle dormaient tous mes compagnons de voyage il se retira indécis, mécontent de n’avoir pu me faire céder, mais un peu intimidé. Il revint le lendemain matin à cinq heures, au moment où nous faisions nos préparatifs de départ, avec quelques soldats, et renouvela sa demande. Il me dit que le chef de Pe-you-ti recevrait de lui l’avis de m’arrêter, si je ne m’exécutais pas.

Tching-eul-yé se joignit à ses prières. Je n’y répondis qu’en donnant d’un ton très ferme l’ordre du départ, et il se rangea respectueusement sur notre passage.
2. C’est probablement pour cela que M. de Carné raconte que le chef militaire de Nga-da-ti ne demanda pas à voir nos papiers et n’essaya pas de nous intimider. En cela, comme en bien des choses, M. de Carné n’a pas eu un sentiment exact de la situation : ce qui ne l’empêche pas de raconter tout notre voyage de Ta-ly à la première personne et de paraître avoir pris des décisions, alors qu’il n’a eu qu’à exécuter des ordres.

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En partant de Ta-ly, pour atténuer les graves conséquences qu’aurait pu avoir pour nous la désertion de nos porteurs à la suite d’une rixe avec la foule, j’avais réparti entre les quatre Annamites de l’escorte les objets les plus précieux ou les plus indispensables de notre bagage. M. Delaporte avait pris sur lui un lingot d’or de quinze cents francs, qui composait à ce moment la moitié envi-ron de notre fortune. Il le perdit dans le trajet de Hiang-kouan à Ma-cha ; quand il s’en aperçut, nous revînmes sur nos pas, mais toutes nos recherches restèrent inutiles. La chaussée qui suit la rive du lac est très fréquentée : notre lingot avait facilement trouvé un nouveau propriétaire.
Le 5 mars, nous continuâmes notre route ; la fatigue de nos porteurs nous empêcha de doubler notre étape et d’arriver la soir même au presbytère de Tou-touy-tse, dont la situation isolée et facile à défendre avec l’aide des chrétiens nous mettait à l’abri d’une poursuite immédiate et nous donnait quelque temps pour respirer. Nous dûmes nous arrêter à la tombée de la nuit dans une auberge du marché de Kouang-tia-pin. Notre arrivée fut aussitôt signalée au commandant de la citadelle voisine, qui fit dire au P. Leguilcher de venir le trouver. Celui-ci me témoigna les craintes les plus vives sur le résultat de cette entrevue ; le commandant de Kouang-tia-pin pouvait avoir reçu des ordres pour séparer de leur interprète la petite troupe d’étrangers, qui, livrés à eux-mêmes, n’ayant pas la pratique de la langue et ignorant les usages du pays, pourraient plus facilement tomber dans une embûche. D’un autre côté, nous étions obligés de passer sous les murs de la citadelle pour regagner la montagne et la route du Se-tchouen, et il était imprudent de rompre ouvertement avec celui qui la commandait. Nous nous contentâmes de lui faire répondre que la soirée était
trop avancée pour une visite, mais que dès le lendemain matin le P. Leguilcher se rendrait à son invitation. Cette réponse ne !e satisfit point ; trois soldats revinrent peu après et intimèrent brutale-ment au Père l’ordre de tes suivre. Le pauvre missionnaire, éperdu de frayeur, crut son dernier moment arrivé. Il considérait comme tout aussi dangereux de résister que d’obéir. Ii s’était compromis pour nous : j’avais le devoir de prendre une résoiution pour lui. Je répétai aux messagers du fort ta réponse que nous avions déjà faite et je les priai de s’en contenter. Iis insistèrent avec tout l’éton- nement et toute l’insolence que leur inspirait une résistance à laquelle ils n’étaient point accoutumés. Epouvanté de leurs menaces, qu’il comprenait mieux que nous, le P. Leguilcher voulut les suivre ; je le retins pendant que nos Tagals et le sergent annamite éconduisaient les soldats. Ceux-ci se retirèrent en jurant qu’ils allaient revenir en force et que nos têtes sécheraient bientôt sur les poteaux du marché. Nous commencions à nous habituer à ces intempérances de langage : elles ne firent sur nous que peu d’impression. Nous n’en prîmes pas moins les précautions indispensables : chaque homme reçut un revolver en sus de sa carabine, et le P. Leguilcher lui-même consentit à s’armer. Je fis garder toutes les avenues de l’auberge, et nous passâmes la nuit sur le qui- vive. Nous n’étions que dix, mais chacun de nous étant porteur d’un revolver et d’une carabine, nous avions soixante-dix coups à tirer avant de recharger nos armes ; cela aurait suffi pour tenir à distance respectueuse un régiment de mahométans ; personne ne se présenta.

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