Le Yang ta jen- Maladie de M. De Largee – Repugnance des autorités chinoises à nous laisser partir pour Ta-ly – Lettre du P.Fenouil- Je pars pour les pays malhométants de l’Ouest avec une partie de l’expédition – le fleuve Bleu – Houey ly tcheo – Hong pou so- Nous faisons connaissance avec le P Lu – Mine de charbon et population mixtes de Ma-Chang partie 2

Devant cette incertitude, on conçoit combien il nous était souvent difficile d’apprécier la conduite que nous avions à tenir vis- à-vis des commandants militaires. La lutte était tout entière soutenue par des indigènes, parmi lesquels les impériaux de la veille étaient souvent les rebelles du lendemain. Les mandarins civils, au contraire, tous étrangers à la province et incontestablement dévoués à l’empereur, restaient sans autorité et sans prestige, et tremblaient à chaque instant que leur tête ne fût offerte en gage au parti opposé. En cette occurrence, la plupart jugeaient prudent de ne pas occuper leur poste et d’attendre, dans quelque province voisine, la fin de l’orage. Le vice-roi, nommé en remplacement de Lao, poussait lui-même par son exemple à cette sage temporisation. Le pouvoir central, qui depuis plusieurs années n’avait pas donné signe de vie, venait cependant, sur l’intervention de M. de Lallemand, d’envoyer de l’argent, des armes et des vivres au Ma ta-jen. Nous tremblions alors que cet envoi ne fût fait à un traître, et les mille rumeurs que nous recueillîmes dans notre voyage de Ta-ly nous confirmèrent dans cette impression.

Mais ce n’est que sous le bénéfice des observations qui précèdent que je continuerai à donner au jour le jour les indications de cette nature. Il n’est pas probable que l’histoire détaillée et sans erreurs de la guerre du Yun-nan puisse être jamais faite. Le peu qu’on en trouvera ici suffira peut-être pour faire entrevoir son intérêt dramatique, la nouveauté et l’originalité des types qu’elle révèle.

Le Yang ta-jen nous parut être un homme d’une énergie égale à celle du Ma ta-jen, mais d’une volonté plus réfléchie et moins capricieuse. Ses dehors n’avaient rien de la brutalité du soldat et n en conservaient que la franchise. Nous allâmes lui rendre sa visite le 20 janvier, et nous fûmes charmés de retrouver chez lui cette élégance d ameublement, ce luxe chinois de bon goût, que le yamen ruiné du vice-roi du Yun-nan n’avait pu nous offrir et qui contrastait avec ta richesse de mauvais aloi et le ton de parvenu de ta villa du Ma ta-jen. Une collation délicieuse nous fut servie dans un charmant boudoir, qu’un jardin orné de fleurs rares et de ces arbres miniatures que les Chinois excellent à reproduire isolait du reste du palais. Pendant que nous mangions des mandarines et des confiseries, qu’accompagnait l’inévitable tasse de thé, notre hôte étalait devant nous toute une collection d’armes européennes qui ne le cédait en rien à celle du Ma ta-jen. Son but n’était pas d’en faire parade, mais de se renseigner sur les prix réels et les mérites respectifs de chaque système. H sentait que, dans la lutte où se jouaient les destinées de la province, la victoire appartiendrait incontestablement au chef dont les troupes seraient armées de fusils à tir rapide. La confiance que ces nouvelles armes inspireraient, bien plus encore que leur supériorité sur le fusil à mèche, ferait faire des prodiges de valeur aux soldats. A partir de ce moment, tous ses efforts tendirent à obtenir que l’un de nous se chargeât de transmettre en France une commande d’armes pour son compte. L’arrivée de ces armes lui aurait permis de peser dans la balance d’un poids décisif et d’assurer à son ambition le rôle prépondérant qu’elle rêvait. Mais de quel côté songeait-il à faire pencher le sort de la guerre ? Voilà ce que nous ignorions.

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