Le Yang ta jen- Maladie de M. De Largee – Repugnance des autorités chinoises à nous laisser partir pour Ta-ly – Lettre du P.Fenouil- Je pars pour les pays malhométants de l’Ouest avec une partie de l’expédition – le fleuve Bleu – Houey ly tcheo – Hong pou so- Nous faisons connaissance avec le P Lu – Mine de charbon et population mixtes de Ma-Chang partie 4

« Après avoir fait ma commission, j’ajoute — et ceci est bien de moi : vu le mauvais vouloir de l’autorité, vous allez rencontrer des difficultés peu ordinaires, pour ne pas dire insurmontables.

« Mon intention n’est assurément pas de me rendre désagréable par des exhortations importunes ; mais si Ton pouvait trouver le moyen de satisfaire à vos désirs, sans mécontenter les mandarins, tout en vous évitant beaucoup de peine et de dangers, faciès a prévoir, n’en seriez-vous pas bien aise ? Le Kin-cha kiang passe à Motig-kou, c’est-à-dire à treize ou quatorze lieues de Tong- tchouen. Aüez jusqu’à Mong-kou, sans traverser ce fleuve ; parcourez sur ses rives, eu amont et en aval, une ligne de trois ou quatre cents lieues, p!us ou moins à vo!onté ; puis revenez prendre à Tong-tchouen la route de Siu-tcheou fou, où vous retrouverez encore ce meme Kin-cha kiang. Voir ce fleuve a Moung-kou, ou bien aller l’examiner à quinze journées plus haut, vers les frontières du Tibet, c’est à peu près la même chose
« et puis, ne faut-il pas compter avec votre santé passablement compromise, sans que cela paraisse encore d’une manière bien sensible ?
« Vous m’obgerez, s’il vous plaît, de me faire connaître le parti que vous aurez pris.
« Je salue, avec respect, M. le commandant de Lagrée, ainsi que ses intrépides compagnons de voyage, et vous souhaite à tous l’enier accomplissement de tous vos bons désirs.
« J’ai l’honneur d’être, avec un profond respect, votre très humble et très obéissant serviteur.
« J. FENOU!L, provicaire. »
L’opposition des autorités chinoises n’était-elle inspirée que par l’intérêt qu’elles nous portaient et les dangers que nous allions courir ? N’y avait-il en jeu aucune défiance, aucune susceptibilité poli-tiques ? Les difficultés que nous allions rencontrer étaient-elles réellement insurmontables, comme l’affirmait avec tant d’insistance le P. Fenouil ? Son opinion personnelle cédait trop facilement à une pression étrangère, ses frayeurs nous avaient paru trop souvent sans motifs pour que je prisse à la lettre ses appréciations. La solution qu’il nous proposait prouvait combien peu il avait conscience de l’importance géographique de notre voyage. Dire à des explorateurs qu’il est indifférent de voir un fleuve, en un point de son cours, ou quinze jours de marche plus haut, c’est réduire la recherche des sources du Nil à la découverte de son embouchure.
On me trouvera sans doute bien présomptueux : les raisons d’insuffisance que je devais ajouter à l’argumentation de cette lettre n’ebranlèrent en rien ma résolution. Aujourd’hui que je possède toutes les inconnues d’une question qu’il me fallait apprécier alors un peu en aveugle, et quoique notre voyage à Ta-ly n’ait point donné tous tes résultats que nous en avions espérés, je ne regrette qu’une chose : c’est de n’avoir point suffisamment osé. Avec le prestige que possèdent encore les Européens dans ces régions lointaines. une vo!ontë énergique et prudente doit tout entreprendre et peut tout obtenir.

Je communiquai la iettre du P. Fenouil au commandant de l’ agree.
 » Persistez-vous à partir ? ^ me demanda-t-il. Et sur ma reponse affirmative : « Vous avez raison, me dit-il, mais soyez prudent et revenez aux premières difficultés sérieuses. H vous faut compter avec ia fatigue que nous éprouvons tous, !e peu d’efforts physiques dont nous restons capables, le découragement et la lassitude morale qu’éprouvent déjà certains de vos compagnons. »
Je lui soumis le projet d’instruction qu’il m’avait chargé de rédiger et que je crois devoir résumer ici :
« M. Garnier partira le 30 janvier, accompagné de MM. Dela- porte, Thorel et de Carné, et de cinq hommes de l’escorte. Il se dirigera vers le confluent du Kin-cha kiang et du Pe-chouy kiang, où il recueillera, en même temps que les renseignements commerciaux et géographiques, toutes les indications de nature à l’éclai- rer sur la situation des pays musulmans de l’Ouest. Suivant la nature de ces indications, M. Garnier se décidera à avancer sur Ta- ly ou sur Li-kiang, après en avoir demandé l’autorisation par lettre. Le but de cette partie du voyage sera de préciser le plus possible tout ce qui est relatif au Lan-tsang kiang (Cambodge), à ses origines, à sa navigabilité. Dans tous les cas, M. Garnier devra être de retour à Siu-tcheou fou à la fin d’avril au plus tard.

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