Le Yang ta jen- Maladie de M. De Largee – Repugnance des autorités chinoises à nous laisser partir pour Ta-ly – Lettre du P.Fenouil- Je pars pour les pays malhométants de l’Ouest avec une partie de l’expédition – le fleuve Bleu – Houey ly tcheo – Hong pou so- Nous faisons connaissance avec le P Lu – Mine de charbon et population mixtes de Ma-Chang partie 6

Nous descendons sur le flanc (incliné à quarante-cinq degrés) de montagnes schisteuses, recouvertes de coulées calcaires subitement refroidies le long des pentes. L’effritement continu de ces roches sous l’action alternative du soleil et de la pluie oblige à entourer chaque champ, chaque maison, chaque sentier, d’un mur préser-vateur ; nulle part l’homme n’a eu à lutter contre une nature plus ingrate.

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Au bout de deux heures de descente en zigzag, nous nous trouvâmes au fond d’une gorge étroite ; les eaux d’un torrent bouillonnaient au-dessous de nous et la route se continuait en corniche, le long de la muraille verticale qui soutenait les flancs ravinés du plateau. Cette route avait coûté des efforts prodigieux ; en maints endroits, le pic avait été insuffisant pour entamer la roche, et il avait fallu recourir à la mine.

L’aptitude colonisatrice et commerciale du peuple chinois révèle dans ces gigantesques travaux : sans aucun secours gouvernemental, quelques communes, quelques compagnies de marchands, réussissent à triompher des plus grands obstacles pour établir des voies de communication et attirer les produits des régions les plus inaccessibles.

Le 31 janvier, à i’un des coudes de cette route en corniche, nous aperçûmes pour la première fois le Kin-cha kiang, rouiant, à six cents mètres au-dessous de nous, ses eaux claires et profondes. Le torrent dont nous avions descendu les bords se jetait, à nos pieds, dans une rivière qui n’était autre que le Li-tang ho, dont nous avions un instant suivi la vallée en allant à Tong-tchouen. Cette rivière courait parallèlement au grand fleuve, qui venait du sud- ouest, puis se redressait vers le nord en décrivant une longue courbe. Au milieu de cette courbe, le Li-tang ho mélangeait ses eaux bourbeuses et rougeâtres à l’onde bleue du Kin-cha kiang qu’elles salissaient pendant plus d’un mille.

Depuis les temps de Marco Polo, nul voyageur européen n’avait vu le fleuve Bleu aussi loin de son embouchure.
Nous couchâmes le soir même à Mong-kou, gros bourg situé sur un petit plateau, à deux cents mètres au-dessus du fleuve et où nous retrouvions les bananiers, les cannes à sucre, en un mot une végétation tropicale. A cinq heures du soir, la température était de vingt degrés ; le matin même, sur le plateau, nous grelottions sous un froid de quatre à cinq degrés.

A Mong-kou commencèrent les ennuis que m’avait prédits le P. Fenouil. Les autorités locales restèrent invisibles et je ne pus me procurer les porteurs dont j’avais besoin. Il fallut engager à un prix très élevé, jusqu’à Houey-ly tcheou, ville importante située à cinq jours de marche sur l’autre rive du fleuve, les porteurs venus avec nous de Tong-tchouen.

Le 1er février, nous traversâmes le Kin-cha kiang. Un bac, pouvant porter un chargement de quinze à vingt tonneaux, fait, vis- à-vis Mong-kou, un va-et-vient continuel entre les deux rives du fleuve. Celui-ci a, en ce point, plus de deux cents mètres de large. La vitesse du courant est environ de deux nœuds à l’heure, et, au milieu, je ne trouvai pas de fond à vingt mètres. Le marnage est de dix mètres. Malgré ces belles apparences de navigabilité, des rapides, me dit-on, venaient arrêter la circulation des barques à peu de distance, en amont et en aval de Mong-kou.

En mettant le pied sur la rive gauche du fleuve, nous entrions dans la grande province de Se-tchouen. Au bout de quatre heures et demie d’une marche pénible sur des sentiers pierreux tracés en zigzag sur les flancs de la montagne, nous nous étions à peine éloignés horizontalement d’un jet de pierre de la rive du fleuve ; mais nous avions gravi une hauteur de plus de douze cents mètres, et nous n’apercevions plus le Kin-cha kiang que comme un étroit ruban bleu. De longues files de piétons et de bêtes de somme s échelonnaient du bord du fleuve à la crête du plateau, où régnait un froid vif. Le soleil, qui revêtait de nuances argentées les eaux du fleuve et les larges feuilles des bananiers, et qui entretenait une douce température au fond de cette étroite vallée, restait, sur le plateau, sans force et sans éclat.

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