Le Yang ta jen- Maladie de M. De Largee – Repugnance des autorités chinoises à nous laisser partir pour Ta-ly – Lettre du P.Fenouil- Je pars pour les pays malhométants de l’Ouest avec une partie de l’expédition – le fleuve Bleu – Houey ly tcheo – Hong pou so- Nous faisons connaissance avec le P Lu – Mine de charbon et population mixtes de Ma-Chang partie 9

Après avoir franchi une ou deux crêtes du haut desquelles la vallée du fleuve Bleu nous apparut de nouveau à une faible distance, nous traversâmes un col fortifié qui domine la plaine de Hong-pou- so, et qui était jadis fermé par une porte. Celle-ci est par terre et la fortification est démantelée. Des auberges neuves se construisent à tous les coins de la route. On dirait que la vie renaît après la longue interruption d’une guerre.

Le chef d’un village où nous nous arrêtâmes pour changer de porteurs avait préparé en grande hâte une collation à laquelle il vint nous convier à plusieurs lieues de distance. En voyage, on a tou-jours faim. Nous fîmes donc honneur à la table du et nous reconnûmes son attention par le don d’un couvert en ruolz. L’exposition méridionale des coteaux que nous descendions, la diminution de l’altitude, produisaient un changement sensible dans la flore du pays, où M. Thorel retrouvait les principales plantes qui envahissent Xieng Hong, sur les bords du Mékong. A Hong- pou-so, où nous arrivâmes le lendemain de notre départ de Houey- ly tcheou, nous étions à sept ou huit cents mètres plus bas que le plateau, et le voisinage du fleuve, dont nous nous trouvions à quelques kilomètres, élevait notablement la température. Ce fut là pour moi une heureuse circonstance : depuis Houey-ly tcheou j’étais atteint d’une pleurodynie qui m’empêchait parfois de respirer et me causait des douleurs presque intolérables ; j’avais été obligé, pour continuer à marcher, de me faire soutenir, surtout dans les montées, par deux Annamites, et j’avais craint un instant d’être obligé d’interrompre le voyage. Un repos de trois jours à Hong- pou-so et la chaude atmosphère que j’y respirai me remirent complètement.

Hong-pou-so est un très gros bourg situé sur les bords d’une petite rivière, dont le lit démesurément large éparpille des cailloux dans toute la plaine. Un détachement de troupes assez considérable y tenait garnison au moment de notre arrivée. Les blancs ou mahométans venaient de faire une pointe sur le Se-tchouen, et ils avaient été repoussés avec perte ; tous les bords du fleuve, qui sert ici de frontière entre cette province et le Yun-nan, et qui coule à dix kilomètres de Hong-pou-so, étaient couverts de postes fortifiés, construits de deux lieues en deux lieues et gardés par les troupes impériales.
Les petits officiers qui nous escortaient depuis Houey-ly tcheou eurent toutes les peines du monde à nous faire faire un peu de place dans le tribunal du village. Il y avait d’ailleurs, à l’exception des chefs militaires que nous dérangions, plus de curiosité que de mauvaise volonté. Les fêtes du Jour de l’an se prolongeaient encore, et à la tombée de la nuit, les musiciens du bourg vinrent nous donner dans la cour de notre logis une sérénade aux flambeaux et une représentation comique et travestie, qui leur valut une petite rémunération.

Nous allâmes, le 10 février, visiter à cheval le confluent du Kin- cha kiang et du Ya-long kiang, l’un des points géographiques les plus intéressants et les plus importants de notre voyage. Il se trouve à quatorze kilomètres dans l’ouest-nord-ouest de Hong-pou-so. Le Kin-cha kiang est loin d’être encaissé comme à Mong-kou, et on y arrive par une pente peu sensible ; de petites collines dénudées chevauchent sur ses bords. Le fleuve vient du sud-ouest, puis décrit un coude brusque qui dirige son cours au sud dix degrés est. C’est au sommet de cette courbe qu’il reçoit le Ya-long kiang ; celui-ci vient du nord et est encaissé entre des berges rocheuses complèteent à pic, !e long desquelles toute circulation est impossible. Sa largeur est à peu près égale à celle du fleuve Bleu, et son courant était, à cette époque de l’année, un peu plus fort. Je ne pus mesurer la profondeur des deux fleuves ; elle paraît considérable. Comme à Mong-kou, la crue est de dix métrés. Je m’aperçus là, étonnement, que les gens du pays donnaient le nom de Kin- cha kiang au Ya-long kiang, c’est-à-dire à l’affluent, et celui de pe-chouy kiang au fleuve principal.

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