Les PP. Fenouil et protteau – Le lao papa – Emprunt fait au ma ta jen- Départ de Yun nan- Arrivée à Tong tchouen partie 3

Yang-lin est situé près d’un étang sur les bords duquel vient mourir une chaîne de montagnes qui remonte de ce point droit au nord. C’est à l’est de cette chaîne que se trouvent les villes de Song- ming et Ma-long, principales étapes du voyage du P. Fenouil à Kiu-tsing ; nous allions, au contraire, longer cette chaîne du côté ouest. L’heure de la séparation avait sonné. Ce prêtre, que nous connaissions depuis dix jours à peine, était devenu pour nous un ami ; de son côté, il quittait, pour ne jamais les revoir, des compatriotes avec lesquels, pour la première fois depuis vingt ans, il avait pu parler de la France et des siens. Ses yeux se mouillèrent de larmes, et nous ne pûmes nous défendre d’une douloureuse émotion en échangeant avec lui une dernière poignée de main.

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Nous cheminâmes, le 10 janvier, au milieu d’une immense plaine très cultivée et admirablement arrosée par de nombreux ruisseaux canalisés. Des rideaux de cyprès bordaient les routes aux abords des villages. De grandes fermes s’éparpillaient de tous côtés au milieu des champs. Les ustensiles d’agriculture, les meules, les bestiaux que l’on voyait auprès des habitations, la nature des cultu-res, l’aspect de la végétation, le givre qui scintillait aux branches, donnaient à ce paysage des allures européennes qui nous faisaient tressaillir d’aise. Celui qui nous eût proposé d’échanger ce tableau monotone, dépourvu de pittoresque et de nouveauté, contre les plus belles et les plus vierges forêts du Laos eût été certainement très mal accueilli.

Le lendemain, la plaine se mamelonna ; quelques étangs apparurent dans les plis du terrain ; des collines surgirent à notre gauche et formèrent avec la chaîne de droite, de laquelle nous étions beaucoup plus rapprochés, un défilé étroit et réputé dangereux. Les croupes rougeâtres et incultes qui s’élevaient des deux côtés de la route semblaient frappées d’une stérilité incurable. Les villages se firent plus rares ; la plupart de ceux que nous traversions n’étaient que des monceaux de ruines. Les mahométans avaient affreusement ravagé cette contrée où ils y comptent de nombreux coreligionnaires ; ceux-ci, après leur départ, continuaient à tenir en échec ia population chinoise, qui se montrait tremblante et soumise devant eux.

Le 12, nous descendîmes le lit d’un ravin, qui ne tarda pas à se transformer en ruisseau. Une vallée profonde se dessina devant nous : c’était celle du Li-tang-ho, rivière qui se jette dans le fleuve Bleu non loin de Tong-tchouen. Nous en suivîmes les bords, où se montrait subitement une belle et vigoureuse végétation, jusqu’au village de Kon-tchang, situé au confluent d’un tributaire de la rive droite. Avant d’y arriver, nous eûmes la douleur de voir succomber, sur la route, Royal, le cheval que le roi de Xien Tong avait donné au commandant de Lagrée. Nos porteurs crurent à une vengeance exercée contre nous par un mahométan que nous avions malmené la veille. Cet insolent personnage, habitué à voir tout le monde céder devant lui, s’était arrogé le droit exclusif de nous ven¬dre des vivres et avait élevé des prétentions tellement exorbitantes que nous l’avions mis à la porte sans cérémonie, à son grand scan¬dale et à la stupéfaction des habitants du village. De là, d’après la chronique, l’empoisonnement d’un de nos chevaux. Mais le docteur Joubert, qui avait prodigué ses soins au pauvre animal, me confia qu’il était mort d’une indigestion. Si le docteur avait eu à sa disposition un de ces instruments que Molière a su mettre en scène, Royal eût échappé aux conséquences de sa gourmandise.

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