Muong You- Arrivée de M. de Lagrée- Fabrique d’armes de Sam Tao- Navigation sur le Nam Leuï- La vallée de Muong Long- Une route et un pont chinois- Nouvelles difficultés- Départ pour Xieng Hong- Description de cette ville- Etat politique de la contrée- Populations mixtes de Xieng Hong- Voyage de Xieng Hong à Muong La ou Se-mao- Arrivée en Chine partie 1

Nous quittâmes Muong Yong dans les meilleurs termes avec les autorités locales, et nous nous hâtâmes d’un pas joyeux vers les bords du Nam Ouang pour en remonter la rive droite. A midi, nous traversâmes à gué cette rivière ; elle s’engageait brusquement dans les montagnes qui bordent à l’ouest la plaine de Muong Yong ; nous gravîmes ensuite la pente assez raide qui conduit à Ban Tap, village formant la frontière de Muong Yong et situé sur la ligne de partage des eaux du Nam Yong et du Nam Leuï. On jouit de ce point d’une vue fort étendue, et l’on peut apercevoir, sur les flancs de la chaîne qui ferme la plaine du côté du sud, la flèche lointaine du Tât Chom Yong.

Une douane est établie à Ban Tap ; le Birman de Muong Yong ni avait remis, gravé dans le creux d’un bambou, un passeport en règle pour le fonctionnaire birman qui y était préposé. Nous n éprouvâmes donc aucune difficulté à nous installer dans la pagode du village, où se trouvaient déjà un certain nombre de marchands, qui étalaient sur les parvis sacrés les cotonnades anglaises dont ils étaient porteurs.

Le lendemain, nous quittâmes Ban Tap de bonne heure. Au-delà du village, la route, très accidentée, se suspend aux flancs de collines boisées et suit les bords de ruisseaux murmurants, à demi cachés sous une épaisse verdure. Rien de frais et de charmant comme les agrestes paysages qui se déroulent devant nous : on se croirait transporté dans certaines parties des Cévennes, au moment de cette saison intermédiaire qui n’est plus le printemps et qui n’est pas encore l’été. Les sources s’échappent en cascades du flanc des montagnes ou courent perfides sous un tapis de gazon et de fleurs.

Le sentier disparaît quelquefois sous l’eau, mais le paysage reste trop enchanteur pour que l’on songe à s’en plaindre.
Vers huit heures du matin, nous arrivâmes au confluent d’un petit ruisseau et du Nam Khon, rivière assez considérable qui se jette dans le Nam Leuï et dont nous devions suivre la rive droite jusqu’à peu de distance de Muong You. Un village Doe s’élevait non loin de là et étageait ses étroites rizières sur les pentes des collines. En quelques endroits, on commençait la récolte des riz murs.
A partir de ce point, notre horizon s’agrandit, les ondulati du terrain devinrent moins brusques, mais aussi moins pittores ques, et nous découvrîmes bientôt la grande plaine à l’extrémite de laquelle s’élève Muong You. Le Nam Leuï débouche dans cette plaine par une étroite coupée pratiquée dans les montagnes qui la limitent à l’ouest et vient y reposer ses eaux dans de lents et caprj. cieux détours. Nous franchîmes le Nam Khon à deux cents mètres de son confluent avec le Nam Leuï. Des touffes de bambous ombragent les abords du pont en bois qu’à notre grand étonnement nous trouvâmes jeté sur ce cours d’eau ; par une attention délicate, des bancs placés de chaque côté invitent le voyageur au repos. Ce pont, cette rivière aux eaux limpides me firent l’effet d’un décor d’opéra ou d’un de ces ornements rustiques que les Le Nôtre modernes savent imaginer pour nos parcs ou nos promenades. Muong You, où nous arrivâmes à cinq heures du soir, s’étend sur la rive droite du Nam Leï, à l’endroit même où cette rivière se dégage des montagnes pour entrer dans la plaine. Une partie du village est construite au bord de l’eau, l’autre couronne les dernières hauteurs qui encaissent le cours de la rivière. On nous installa dans un sala situé à l’entrée du village, à quelques mètres du Nam Leuï. Le commandant de Lagrée n’était point encore arrivé. Je fis dire au roi que j’étais prêt à lui rendre mes devoirs, mais que je serai peu capable, en l’absence de tout interprète, de soutenir avec lui une conversation suivie. Il me dispensa jusqu’à l’arrivée du chef de l’expédition de toute visite officielle, mais il me fit demander notre stéréoscope pour charmer ses loisirs.

Auprès de nous se trouvait une scierie où seize ouvriers travaillaient toute la journée ; une demi-douzaine de scies étaient en mouvement. C’était la première fois, depuis que nous étions dans le Laos, que nous voyions employer ce genre d’outil. Sa nouveauté et le nombre des travailleurs réunis à la fois nous auraient fait prendre volontiers ce chantier pour une véritable usine. Cette activité, insolite au Laos, était due aux agrandissements que le roi faiait faire dans son palais et à la construction d’une pagode neuve.

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