Muong You- Arrivée de M. de Lagrée- Fabrique d’armes de Sam Tao- Navigation sur le Nam Leuï- La vallée de Muong Long- Une route et un pont chinois- Nouvelles difficultés- Départ pour Xieng Hong- Description de cette ville- Etat politique de la contrée- Populations mixtes de Xieng Hong- Voyage de Xieng Hong à Muong La ou Se-mao- Arrivée en Chine partie 10

Une certaine activité commerciale régnait sur la route. Des caravanes de bœufs porteurs, transportant du plomb, du coton, du tabac, du thé, et venant de Xieng Hong, nous croisaient à chaque instant. Nous étions aussi peu habitués à ce mouvement qu’au pays lui-même et notre voyage en recevait un nouvel attrait.

Le troisième jour de notre départ de Muong Long, nous débouchâmes dans la grande plaine de Xieng Hong, par la vallée de l’un des affluents du Nam Ha ; c’est au confluent de cette rivière et du Mékong que s’élève le chef-lieu des Chip song Panna. Nos porteurs, qui s’étaient engagés à faire en trois jours le trajet total, étaient exténués. Leurs pieds gonflés, leurs épaules meurtries excitèrent notre compassion, et nous consentîmes à les laisser s’arrêter à quelques kilomètres de la ville, sous condition qu’ils nous rejoindraient le lendemain à la première heure. Nous traversâmes d’un pas rapide la large plaine où des villages récemment reconstruits s’élevaient à côté des ruines qu’avaient faites les dernières guerres ; nous passâmes en bac le Nam Ha, à côté d’un pont en bois détruit et, à quatre heures et demie du soir, nous nous arrêtâmes à une pagode située en dehors de l’enceinte en terres levées de la ville.

Alévy nous attendait avec impatience. 11 avait été fort mal reçu par les autorités locales. Dès son arrivée on avait voulu le forcer à rebrousser chemin. Alévy connaissait trop ses compatriotes pour céder à leurs menaces : « Faites de moi ce que vous vous voudrez, avait-il répondu, tuez-moi si cela vous fait plaisir, mais jamais je n’oserai retourner auprès du chef qui m’a envoyé, sans une réponse favorable. Je crains plus sa colère que la vôtre, et si vous connais¬siez mieux les gens à qui vous avez affaire,vous ne vous exposeriez pas de gaieté de cœur à les pousser à bout. Je n’ose répondre de ce qu’ils pourront faire à Muong Long si vous persistez dans votre refus de les laisser venir, et il serait plus sage de les admettre en votre présence : la vue des plus grands personnages du pays les forcerait sans doute à se contenir et vous leur feriez entendre plus facilement raison. » Ce mélange d’intimidation et de flatterie avait produit son effet. On nous avait donc envoyé l’autorisation de venir à Xieng Hong, mais cette autorisation ne prejugera en rien ta décision qu’i! restait à prendre au sujet de la continuation de notre voyage. Alévy n’avait réussi à voir ni le roi, ni le chef birman, ni te mandarin chinois qui résidait à Xieng Hong de notre arrivée, it y avait eu une longue discussion au séjour même, de grand matin, le Chinois était parti avec une lettre pour Muong La.

En somme, on ne parut pas nous faire trop mauvaise figure tes difficuttés que nous avions encore à vaincre étaient sans doute plus facitement surmontables que celles que nous avait opposée la mauvaise votonté des autorités birmanes de Xieng Tons.
La vitie de Xieng Hong, depuis sa destruction par Maha Say gouverneur de Muong Phong, s’est reconstruite au nord du confluent du Nam Ha, et si la ptaine elle-même est très habitée ta nouvette vitie n’a encore attiré qu’un très petit nombre de rési! dents fixes ; c’est plutôt encore l’emplacement d’un marché qu’un centre de population.

Le marché se tient presque tous les jours — cinq fois pa; semaine — et contient en plus grande abondance toutes tes den¬rées que nous avons énumérées déjà pour Muong Long. Le Mékong, dont je demande pardon de n’avoir point encore parte, coule à très peu de distance de la ville. Il a en cet endroit de trois à quatre cents mètres de large, et il coule paisiblement entre de hautes berges bordées de bancs de sable. Ses eaux avaient déjà baissé de cinq mètres et il avait dû atteindre son niveau maximum pendant notre séjour à Muong Yong.
Un peu au-dessous de la ville et après avoir reçu les eaux du Nam Ha, le fleuve se rétrécit brusquement et des collines s’élèvent sur ses rives. C’est là, sur la rive droite, que se trouvent les ruines de l’ancienne ville, celle-là même dont Mac Leod avait déterminé la position en 1837.

Für mehr Infos: Ha Long

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Powered by WordPress