Muong You- Arrivée de M. de Lagrée- Fabrique d’armes de Sam Tao- Navigation sur le Nam Leuï- La vallée de Muong Long- Une route et un pont chinois- Nouvelles difficultés- Départ pour Xieng Hong- Description de cette ville- Etat politique de la contrée- Populations mixtes de Xieng Hong- Voyage de Xieng Hong à Muong La ou Se-mao- Arrivée en Chine partie 11

En amont a lieu un rétrécissement analogue, et, à en juger par l’horizon de montagnes qui limite la vue à l’est et au nord, il semble que le Mékong s’engage définitivement au milieu des chaînes d’origine tibétaine où il va prendre ses sources.

D’après la chronique du tât de Muong Yong, Xieng Hong semble avoir été le premier siège de la puissance laotienne dans la vallée supérieure du Mékong. C’est la ville nommée Tché-li par les cartes et les historiens chinois. L’importance de son rôle historique nous faisait rechercher avec intérêt tous les vestiges qui pouvaient nous parler de ce passé inconnu. Une de nos premières visites fut donc pour les ruines de l’ancienne ville, qui se trouvent à une heure de marche au sud de la pagode où nous étions campés. Nous ne retrouvâmes, au milieu des hautes herbes qui en avaient déjà envahi remplacement, que l’ancien palais des rois et une pagode qui méritassent d’attirer l’attention. Celle-ci surtout, construite presque au sommet de !a cottine sur tes flancs de taqueüe s’étagent les ruines, nous présenta une originalité d’architecture et d’orgnementation qui tranchait vivement sur tout ce que nous avions vu jusque là au Laos.

Etie repose sur un soubassement que l’on franchit par une dizaine de marches et elle est entourée, de trois côtés sur quatre, par une gâterie dont tes murs sont décorés de peintures chinoises. Les sujets en sont nouveaux, tes couleurs meilleures ; L’ensemble accuse un art ptus avancé : on y voit des vittes assié-gées dans lesquelles ta vue plonge jusqu’à l’intérieur des maisons ; les combattants sont, d’un côté, des gens qui portent le toupet six mois et dont le teint est assez blanc ; dans leurs adversaires, on croit reconnaître des Birmans : leur teint est noir, et des étoffes coloriées leur ceignent les jambes ; ils portent également le toupet et jouent toujours le rôle de vaincus. Il y a aussi quelques scènes de vie champêtre où l’on trouve quelques animaux bien exécutés et de très bonnes poses de Chinois. L’intérieur de la pagode est complètement lambrissé en bois sculpté ; les murs sont coupés de nombreuses fenêtres. Les encoignures des charpentes représentent des guirlandes de fleurs, d’un mouvement très gracieux, et qui donnent à la pagode un grand air de richesse. Les colonnes qui soutiennent le toit sont renflées au milieu : elles se composent d’une pièce centrale autour de laquelle ont été rapportés des placages. Tout autour de la pagode se trouvent les constructions habituelles, logements des bonzes, tombeaux, etc.

C’est au-dessous de cette pagode que se trouve le palais du roi. C’est une vaste construction en brique dont les murs extérieurs sont encore debout. Les briques sont de deux espèces : les unes sont rouges et de petite dimension, les autres sont grandes et d’une couleur grise qui les fait ressembler à des moellons de pierre. Quelques lions ou quelques chiens en grès sculpté gisent çà et là dans les herbes. Ce fut dans ce palais, dont toutes les parties en bois ont été détruites par l’incendie, que fut reçu le capitaine Mac Leod au mois de mars 1837.

La pagode où nous résidions était encombrée d’éléphants et de chevaux en coton, surmontés d’énormes tours en bambou et en papier colorié. Une grande fête avait eu lieu le 4 octobre à une pagode voisine : cette fête, qu’on appelle la fête se célèbre à l’occasion de la fin des pluies. Rien de plus risible et de plus enfantin que ces reproductions de la nature auxquelles les plus graves gens de la localité ont consacré depuis un mois le meilleur de leur temps. Elles sont sans doute moins intéressantes que les édifices de neige construits par les gamins en Europe et dont on ne songe pas à encombrer les églises. Des réjouissances plus viriles avaient eu tieu sur Je fleuve, le long duquel des courses de piro¬gues avaient, pendant deux jours, fait reÔuer toute la population.

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