Muong You- Arrivée de M. de Lagrée- Fabrique d’armes de Sam Tao- Navigation sur le Nam Leuï- La vallée de Muong Long- Une route et un pont chinois- Nouvelles difficultés- Départ pour Xieng Hong- Description de cette ville- Etat politique de la contrée- Populations mixtes de Xieng Hong- Voyage de Xieng Hong à Muong La ou Se-mao- Arrivée en Chine partie 12

Des illuminations très pittoresques avaient, le soir, éclairé de h fantastiques les eaux, la ville et ies montagnes voisines. Après quelques pourparlers, le séna se décida à recevoir ! commandant de Lagrée. Cette haute assemblée se compose Xieng Hong, de quatre grands mandarins et de huit autres d »un rang inférieur, représentant chacun l’une des douze provinces qui forment le royaume. Il est présidé par le appelé aussi par quelques-uns le Chao Xieng Ha, titre équivalant à celui de Premier ministre. Le Momtha était un vieillard à cheveux blancs, au corps replet et à la physionomie placide. 11 avait trop d’expérience pour ne pas comprendre à quels inconvénients il s’exposait s’il s’obstinait à refuser le passage à des gens réellement autorisés par ie prince Kong à pénétrer en Chine. Le commandant de Lagrée avait encore augmenté sa perplexité en observant la plus grande réserve sur le but de son voyage et sur les moyens qu’il jugerait à propos d’employer pour faire prévaloir ses désirs. 11 s’était contenté de demander aux autorités locales de choisir dans le plus bref délai possible entre les deux solutions suivantes : ou refuser par écrit d’une façon claire et motivée la continuation de notre voyage (et M. de Lagrée ferait de cette pièce tel usage qui lui semblerait bon), ou bien nous donner en quarante-huit heures les moyens de faire route pour Muong La. Des décisions aussi nettes et aussi tranchées étaient peu du goût du séna de Xieng Hong. Mais, incapable de concevoir qu’un étranger pût se montrer aussi ferme et aussi résolu sans avoir à sa disposition une force réelle ou sans être certain d’un appui sérieux, il n’osait guère risquer de mécontenter davantage le chef de la mission française. Celui-ci s’était hautement plaint de l’inconvenance dont on s’était rendu coupable envers lui en l’arrêtant à Muong Long. Les mandarins se trouvaient visiblement déconcertés par cette assurance, et ils consentirent au plus tôt à notre réception officielle, espérant y trouver un moyen de sortir d’embarras.

Cette réception eut lieu le 3 octobre. A gauche et en arrière du Momtha était assis le mandarin birman ; à droite était une place vide, réservée au mandarin chinois, absent en ce moment de Xieng Hong ; tout autour étaient rangés les membres du séna.
Le commandant de Lagrée exhiba d’abord la lettre du roi de Xieng Tong et celle du Pou-souc. Son collègue de Xieng Hong, qui porte le titre de fit observer que ces lettres ne mentionnaient que l’autorisation de se rendre à Xieng Hong, ce à quoi un mandarin thaï répliqua qu’il ne pouvait en être autrement, puis¬que Xieng Hong dépendait de la Chine et que les autorités de Xieng Tong n’avaient pas le droit d’indiquer, sans le consentement du roi d’Alévy, une destination plus éloignée. L’opposition du Birman fit d’ailleurs plus de bien que de mal à notre cause, et il nous parut qu’on le traitait fort lestement. Le commandant de Lagrée montra ensuite les passeports chinois. tls ne produisirent aucun effet, la signature était inconnue, et l’un des membres les plus influents du séna, le Phya luong Mangkata, s’écria que tout cela venait pas du Maha séna et qu’on ne savait ce que ceta voulait dire. Alors le commandant de Lagrée tira lentement de son enveloppe la lettre adressée à notre sujet par le prince Kong au viceroi du Yun-nan. Le plus grand silence se fit, un Chinois secrétaire en fit la lecture devant l’assistance prosternée par respect ; il déclara que cela venait bien de Pékin, que les mandarins français étaient des gens honnêtes et d’un rang très élevé, et qu’it convenait de nous recevoir le plus amicalement possible. Les physiono¬mies avaient changé à vue d’œil, et te Momtha n’adressa plus au commandant de Lagrée que des questions obligeantes et de gra¬cieux compliments.

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