Muong You- Arrivée de M. de Lagrée- Fabrique d’armes de Sam Tao- Navigation sur le Nam Leuï- La vallée de Muong Long- Une route et un pont chinois- Nouvelles difficultés- Départ pour Xieng Hong- Description de cette ville- Etat politique de la contrée- Populations mixtes de Xieng Hong- Voyage de Xieng Hong à Muong La ou Se-mao- Arrivée en Chine partie 14

Je n’avais point assisté à la réception du roi de Xieng Hong. Le peu de temps que nous avions à passer en ce point m’avait décidé à mieux employer ma journée. Nous devions, à partir de Xieng Hong, nous éloigner du fleuve, pour ne le rejoindre qu’au bout d’un laps de temps que nous ne pouvions prévoir. Un fois en Chine, la rébellion mahométane ne nous interdirait-elle pas de nous rapprocher de ses rives ? Ces motifs de craindre que l’adieu que nous allions adresser au noble fleuve, en quittant Xieng Hong, ne fût le dernier me déterminèrent à en reconnaître le cours en amont du Xieng Hong, aussi loin qu’il me serait possible en un jour. Je ne retrouvai pas dans cette excursion les paysages solitaires et grandioses qui m’avaient enchanté lors d’une promenade analogue effectuée au-dessus du Tang-ho, quelques jours avant notre arrivee à Muong Lim. Je rencontrai en revanche des difficultés de circu-lation presque insurmontables. Les rives du fleuve sont encombrées, dans cette région, de forêts de bambou et de buissons épineux, au milieu desquels on est sûr de laisser quelques lambeaux de vêtements, voire de peau.

D’ailleurs, des falaises de roches complètement à pic arrêtent bientôt le promeneur, et il est indispensable d’avoir une barque pour aller plus loin. Les quelques routes qui remontent vers le nord-ouest, direction d’amont de la val¬lée du Mékong, se tiennent très éloignées des berges, afin d’éviter les sinuosités assez prononcées que le fleuve, déjà sensiblement rétréci, dessine dans son cours, et elles ne peuvent être d’aucune utilité pour la reconnaissance de ses rives. Je me contentai de cons¬tater qu’après son court épanouissement dans la plaine de Xieng Hong le Mékong reprend cet aspect bizarre et tourmenté, ce lit encombré de roches, ces eaux rapides, étroites et profondes qui le caractérisent à partir de Vien Chan.

Nos compagnons de voyage me mirent au courant de la grotesque réception du roi de Xieng Hong. 11 paraît que sa royauté a de grandes chances de lui être ravie avant peu, car ses droits au trône sont des plus contestés. Dans l’état de désarroi où se trouvait la entrée après la prise de Xieng Hong par Maha Say en 1851 et la mort de ce dernier, de nombreuses compétitions se produisirent au trône de Xieng Hong. Les Chinois, occupés dans leur lutte contre les mahométans, ne purent faire triompher leur candidat, homme de cinquante ans et d’une grande naissance. En 1860, les musulmans, nommés dans lacontrée, s’emparèrent de la ville et n’en furent chassés que deux ans après par les indigènes réunis aux impériaux. La contrée se trouva un moment dans un état de désorganisation telle que les sauvages Kouys, qui habitent au nord de Muong Lem, purent venir ravager et piller la ville. Ava, en ce moment, avait entre les mains un fils du roi qui avait été vaincu et mis à mort par Maha Say, et d’une femme du peuple de Muong Long. Ce jeune homme, dont les droits à la couronne étaient infir¬més par la basse extraction de sa mère, avait revêtu la robe de bonze, et vivait dans un couvent ; il en fut retiré et installé par les Birmans comme roi à Xieng Hong. A la première occasion, les Chinois essayeront de faire prévaloir leur candidat, et la guerre désolera de nouveau ce malheureux pays. Au moment de notre départ, nous reçûmes également de Xieng Tong des nouvelles qui semblaient faire présager une lutte prochaine entre les indigènes et les Birmans. Le roi et le Pou-souc se querellaient au sujet de l’expédition française, et le mandarin birman, mécontent de la trop bienveillante attitude du roi à notre égard, avait recruté une certain nombre de Phongs, pour les joindre aux soldats birmans qui composaient sa garde habituelle. Le roi avait immédiatement fait justice de cette démonstration hostile, en faisant entourer le logement du Pou-souc et en l’y maintenant prisonnier, lui et sa petite armée. Il avait en même temps envoyé des mandarins à Ava pour accuser le Pou-souc et pour demander qu’il fût puni de mort à Xieng Tong même, ou tout au moins qu’il fût renvoyé à Ava pour y être jugé.

Für mehr Infos: Vietnam Halong bay

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