Muong You- Arrivée de M. de Lagrée- Fabrique d’armes de Sam Tao- Navigation sur le Nam Leuï- La vallée de Muong Long- Une route et un pont chinois- Nouvelles difficultés- Départ pour Xieng Hong- Description de cette ville- Etat politique de la contrée- Populations mixtes de Xieng Hong- Voyage de Xieng Hong à Muong La ou Se-mao- Arrivée en Chine partie 17

Pendant toute la journée du 10, nous suivîmes une crête étroite, boisée et sinueuse, du haut de laquelle nous jouissons presque toujours d’une vue très étendue. Quelques sources surgissaient parfois des flancs de la montagne, à quelques mètres au-dessous de nous, et, de cascade en cascade, allaient grossir les eaux bouillon-nantes des torrents qui roulaient à nos pieds. Nous arrivâmes le soir à un village de sauvages d’une construction bien différente de celle des villages laotiens. Le sala traditionnel que nous avions espéré trouver était absent ; il fallut nous contenter d’une étable assez peu confortable, à laquelle j’aurais préféré, pour ma part, le couvert de la forêt. Les moustiques, qui commençaient à disparaître, furent désavantageusement remplacés par des myriades de parasites intimes contre lesquels il fallut lutter toute la nuit. La population mâle du village était, au moment de notre passage, presque entièrement occupée aux travaux des champs. Pour trouver le nombre de porteurs qui nous était nécessaire, nous dûmes recruter les femmes et les enfants ; mais cela ne ralentit en rien notre marche ; jamais, au contraire, nous n’avions été menés aussi rondement. La cadence accélérée du pas était battue sur un tam- tam dont le porteur nous précédait. Nous ne tardâmes pas à rejoindre une rivière assez considérable, le Nam Yot, affluent du Mékong dont nous nous trouvions environ à une journée de marche. Depuis Muong Yang, nous remontions presque directement au nord, parallèlement à la vallée du fleuve.
Le cours du Nam Yot serpente au fond d’une vallée très cultivée que rejoignent à chaque instant de petites rivières, pittoresquement encadrées par les hauteurs qui les bordent. La journée de marche du 11 octobre fut une charmante promenade à travers des jardins et de nombreux villages. Au bout de six heures de marche, nous arrivâmes à Xieng Neua, le dernier centre laotien de quelque importance que nous devions visiter.

Xieng Neua dépend de Muong La thaï, petite province laotienne dont le chef-lieu se trouve dans l’est. Depuis la guerre, le roi de Muong La thaï habite à une demi-journée dans le nord-ouest de Xieng Neua. C’est par l’intermédiaire de ce roitelet, qui porte le titre de Se-Mao, que Se-mao et Xieng Hong communiquent ensemble. Se-mao écrit en chinois, le Sa-mom traduit en langue thaï et réciproquement. Muong La thaï est une des quatre principautés des Chip-song-Panna, que les Lus considèrent comme les plus importantes. C’est la porte de la Chine, disent-ils, Muong Khie est celle de la Birmanie, Muong Long celle de Xieng Tong et Muong Phong est celle de Xieng Mai. Nous nous reposâmes un jour entier dans la pagode de Xieng Neua. Le 13 octobre était un jour de pleine lune, et à la cérémonie religieuse qui est habituelle à cette époque, se joignait la fête de la clôture de la saison des pluies et de l’inauguration de la saison sèche ; aussi les habitants avaient-ils hâte de se débarrasser des étrangers qui venaient encombrer leur pagode. Pour en finir avec nous le plus tôt possible, ils eurent l’indélicatesse de nous persuader de quitter la route que nous avions suivie jusque-là pour passer par Muong Pang. Nous nous engageâmes dans une gorge étroite qui domine Xieng Neua et nous ne tardâmes pas à quitter le bassin du Nam Yot. Au bout de trois heures de marche, nous étions arrivés à destination. A Muong Pang nous apprîmes que nous avions quitté la route ordinaire pour faire un détour inutile dans Test. La brièveté de l’étape avait été la seule cause du mensonge des gens de Xieng Neua.

Sehen Sie mehr: Halong bay

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Powered by WordPress