Muong You- Arrivée de M. de Lagrée- Fabrique d’armes de Sam Tao- Navigation sur le Nam Leuï- La vallée de Muong Long- Une route et un pont chinois- Nouvelles difficultés- Départ pour Xieng Hong- Description de cette ville- Etat politique de la contrée- Populations mixtes de Xieng Hong- Voyage de Xieng Hong à Muong La ou Se-mao- Arrivée en Chine partie 15

A l’appui de sa plainte, le roi énumérait les énormes exactions commises par le Pou-souc dans l’exercice de sa charge. L’une d’elles mérite d’être citée : elle ne consistait rien moins qu’en l’enlèvement de l’argent provenant de l’impôt de Xieng Hong. Cet impôt, qui s’élevait à sept d’or et à mille d’argent (le tchoi représente un poids de seize mille grammes), était escorté par des mandarins et avait passé par Xieng Tong. Le Pou-souc avait envoyé une troupe d’hommes armés, commandée par son propre frère, pour s’emparer de ce tribut, destiné à la cour d’Ava.

De son côté, Xieng Hong veut chercher querelle à Xieng Tong. Pendant les dernières guerres, beaucoup des habitants de Xieng Hong se sont réfugiés chez les Kuns, qui maintenant veulent les empêcher de revenir chez eux, s’ils ne consentent à payer un impôt variant de trois à deux partie par personne (de deux francs à sept francs). Après la fête de la nouvelle lune, disaient les gens de Xieng Hong, nous allons faire aux Kuns une dernière sommation et, si on ne nous écoute pas, nous combattrons.
Tel était l’épouvantable gâchis dans lequel se trouvaient les affaires politiques du pays que nous traversions.

L’aspect et les allures de la population de Xieng Hong se ressentaient de la situation troublée du pays. Un grand nombre de gens misérables erraient çà et là sans avoir le courage, en présence d’un avenir aussi incertain, de se fixer quelque part et de se bâtir une demeure. Des réfugiés des régions voisines se mêlaient en grand nombre aux indigènes ; parmi eux nous remarquâmes une autre catégorie de Thaïs, les Thaïs Neua ou Thaïs du Nord, que la guerre des phasis avait chassés de leur pays natal, ce pays de Kochampri d’où viennent également les Phongs. Ils ne sont pas tatoués, portent les cheveux longs, une veste bleue, un pantalon de même couleur, large et court, quelquefois des jambières comme les sauvages et un grand turban de couleur foncée, d’une forme aplatie ; par-dessus leur veste, ils ont ordinairement une sorte de plastron en velours de couleur, orné de passementeries. Les femmes ont un costume analogue, dans lequel la jupe remplace le pantalon. Quelques-unes portent une espèce de petit bonnet. De nouvelles tribus sauvages, distinctes de toutes celles que j’ai déjà énumérées, font leur apparition à Xieng Hong. Les plus intéressantes sont les Lolos et les Yo Jens. Quoique parlant une langue assez différente du chinois, il convient de les rattacher aux populations chinoises du Yun-nan ; pour les Laotiens, les Lolos sont d’anciens Hos qui errent en nomades dans le pays. Les Lolos sont assez doux ; les Yo Jens passent pour très habiles au tir du fusil et au métier de voleurs de grands chemins. Ils se réunissent fré-quemment par bandes de vingt ou trente pour faire de mauvais coups.

A tous les points de vue, il était important de mettre le pied le plus tôt possible sur le sol chinois. Le 7 octobre, après un séjour d’une semaine à peine à Xieng Hong et malgré tout ce qu’il nous restait encore à y étudier, nous traversâmes sur un grand radeau le Mékong que nous ne devions plus revoir, et nous nous mîmes en route vers la frontière chinoise.

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