Muong You- Arrivée de M. de Lagrée- Fabrique d’armes de Sam Tao- Navigation sur le Nam Leuï- La vallée de Muong Long- Une route et un pont chinois- Nouvelles difficultés- Départ pour Xieng Hong- Description de cette ville- Etat politique de la contrée- Populations mixtes de Xieng Hong- Voyage de Xieng Hong à Muong La ou Se-mao- Arrivée en Chine partie 7

Nos premières relations avec les autorités du pays furent excellentes. Le chef du village ne fit aucune difficulté pour remplacer les porteurs qui nous avaient amenés de Muong You. Par un mode de convocation assez semblable à ce qui se pratique dans les petites villes de France, il fit battre du tambour pour réunir les hom¬mes qui nous étaient nécessaires ; mais le lendemain, au milieu de nos préparatifs de départ, une lettre arriva de Xieng Hong qui renversa toutes nos espérances et coupa court à notre enthousiasme. Elle portait en substance ceci : « Des koula — c’est le nom que l’on donne aux étrangers dans le nord de l’Indo-Chine — viennent, dit-on, de Muong Yong ; s’ils arrivent à Muong Long et a ne soient pas des marchands, vous ne leur laisserez pas continuer leur voyage vers Xieng Hong, mais vous leur ferez reprendre route par laquelle ils sont venus. Xieng Hong ne dépend pas seulement de la Birmanie, mais aussi de la Chine. »

Une réponse analogue, d’une forme plus polie peut-être, avait été faite déjà à Mac Leod par les autorités chinoises du Yun-nan nos frontières, avait-on écrit à l’officier anglais, sont ouvertes aux commerçants de tous les pays ; mais il n’est jamais arrivé que des officiers représentant une puissance étrangère aient pris cette route pour se rendre en Chine. La ville de Canton a été ouverte aux Européens pour leurs communications avec le Céleste Empire : c’est là qu’ils doivent s’adresser. Depuis 1837, époque à laquelle cette fin de non-recevoir était adressée à Mac Leod, les relations de la Chine avec l’Europe ont singulièrement changé de nature. Les guerres de 1840, de 1858 et de 1860 ont rendu le gouvernement chinois moins exclusif et plus traitable ; nous étions munis d’ailleurs de passeports réguliers de la cour de Pékin, et les autorités chinoises du Yun-nan avaient dû être prévenues de notre arrivée. Je ne partageais donc pas l’opinion de M. de Lagrée, qui vit dans cette lettre un refus de passage provenant des autorités chinoises de Muong La, nom donné par les Laotiens à la ville chinoise de Semao, située à quelques journées au nord-nord-est de Xieng Hong. Ce refus indirect, qui ne mettait en cause que le séna de Xieng Hong sans engager la responsabilité de la cour de Pékin, paraissait à M. de Lagrée une de ces habiletés diplomatiques dont les Chinois ont le secret ; j’y voyais au contraire une perfidie du Birman de Xieng Tong, que je soupçonnais d’avoir fait prévenir secrètement son collègue de Xieng Hong de nous barrer le passage. Comme on le verra plus tard, ni Tune ni l’autre de ces prévisions n’était exacte.

M. de Lagrée prit le parti d’envoyer à Xieng Hong son interprète Alévy porter une lettre aux autorités de cette ville ; cette lettre expliquait le but de notre mission et insistait sur les autorisations déjà données par les autorités laotiennes et birmanes de Xieng Tong et sur les lettres de passage, solennellement délivrées par Pékin et signées du prince Kong, dont la commission était porteur. M. de Lagrée demandait qu’il lui fût au moins permis d’aller jusqu’à Xieng Hong pour s’expliquer devant le séna de cette ville. Alévy partit à cheval le 21 septembre.

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