Muong You- Arrivée de M. de Lagrée- Fabrique d’armes de Sam Tao- Navigation sur le Nam Leuï- La vallée de Muong Long- Une route et un pont chinois- Nouvelles difficultés- Départ pour Xieng Hong- Description de cette ville- Etat politique de la contrée- Populations mixtes de Xieng Hong- Voyage de Xieng Hong à Muong La ou Se-mao- Arrivée en Chine partie 8

La saison des pluies touchait à sa fin et ne se signalait plus que par quelques orages. Les routes se séchaient ; la circulation devenait facile. La petite vallée du Nam Kam, le long de laquelle s’éche¬lonnent les maisons de Muong Long, est pleine de sites charmants et ses gorges giboyeuses invitaient les chasseurs à se mettre en rampagne. Nous y fûmes témoins du dernier exploit cynégétique que les tigres, qui se faisaient de plus en plus rares dans la contrée, devaient accomplir sous nos yeux. L’un d’eux abattit devant quelques-uns d’entre nous un cerf dix cors de la plus belle taille. Cet exploit, loin de lui fournir le repas sur lequel il avait compté, lui valut une décharge fort inattendue qui le fit rentrer, blessé et rugissant, dans les profondeurs de la forêt, où il était aussi difficile qu’imprudent de le suivre. Les collines qui encaissent le cours de la rivière sont d’un facile accès ; du haut de leurs croupes boisées, qui viennent mourir en pentes douces à l’entrée de la vallée du Nam Nga, les membres de la commission, dessinateurs ou géographes, découvraient les paysages ou des panoramas de montagnes bien faits pour les séduire. Les deux sommets entre lesquels vient déboucher le Nam Kam sont couronnés par deux tâts qui devaient attirer l’attention d’un archéologue comme M. de Lagrée. Nous pûmes donc employer plus agréablement qu’à Muong Yong les loisirs forcés que nous faisaient par leurs refus les autorités de Xieng Hong.

Des deux tâts que je viens de signaler, l’un, celui qui est au sud de la ville, est bien entretenu et s’élève sur une vaste plate-forme du haut de laquelle on découvre toute la vallée. Il s’appelle Tât Poulan ; il est de construction récente, n’a qu’une seule flèche et une petite enceinte ornée de quatre petites niches et de pour les offrandes. Le tât du Nord, appelé Tât Nô, est construit comme le précédent en ciment et en brique. Il paraît plus ancien et il est aujourd’hui abandonné. Ce monument est d’un caractère original et de bon goût, et, s’il était construit en pierre, sa valeur serait réelle. D’une base ronde de douze mètres de diamètre sur deux mètres de hauteur, se dégagent une flèche centrale de dix-huit mètres d’élévation et huit flèches plus petites, au pied desquelles sont des niches faisant saillie et renfermant des statues. Chaque tourelle est surmontée d’une aiguille en fer et de la couronne birmane ; les moulures sont faites avec soin, l’ornementation est sobre et ne comporte que des feuilles et des fleurs de lotus. L’en-ceinte extérieure représente des serpents dont les têtes se retournent et font face au monument à l’ouverture des portes.

Jadis Tât Poulan et Tât Nô étaient dorés. En arrière de chacun d’eux est un abri couvert. Le second de ces deux monuments porte l’empreinte de l’architecture birmane telle qu’elle apparaît dans les monuments de la fin du dernier siècle, dans les édifices ruinés de Mengoun et les autres constructions que l’on trouve à A va et dans le voisinage.

Lesne SIe mehr: V Spirit cruise Halong bay

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Powered by WordPress