Pnom Penh – Départ du Cambodge – Pnom Bachey – Rapides de Sombor – Stung Treng partie 12

En continuant la descente du fleuve le long de la rive droite, je trouvai encore quelques passages assez rapides, mais aucun qui présentât le moindre danger. Le même jour, à deux heures et demie, j’arrivais à Sombor, ayant parcouru en douze heures, grâce à la rapidité du courant, la distance que nous venions de mettre six jours à franchir en remontant le fleuve ! Je trouvai à Sombor une barque cambodgienne chargée de caisses que nous avions dû laisser à Cratieh, faute de moyens de transport suffisants, et qui allait rejoindre l’expédition à Stung Treng ; j’abandonnai ma petite pirogue trop incommode pour un long trajet, je récompensai généreusement mes deux pilotes, et, après avoir pris définitivement congé d’eux et du gouverneur de Sombor, chez lequel je passai une nuit, je repartis avec cette barque retardataire. Ce fut avec la plus vive satisfaction que je m’aperçus, pendant le trajet, qu’elle contenait des caisses de biscuits : j’étais parti sans provisions, et je n’avais pu acheter à Sombor des vivres en quantité suffisante. Ce biscuit et un peu d’eau-de-vie me permirent de ne point recourir absolument aux boulettes de riz des bateliers. Le 30 juillet, j’étais de retour, sans autre incident, à Stung Streng.

Tout s’y passait le plus tranquillement du monde. Le commandant de Lagrée en était parti, la veille, pour faire une excursion dans le Se Cong. Le logement de l’expédition était complètement achevé et plaisamment situé à l’embouchure d’un petit arroyo, sur la berge même de la rivière. Il n’était séparé des maisons du vil-lage que par le sentier qui en forme la rue principale. Lâ population s’était bien vite accoutumée à la petite expédition ; les approvisionnements et les achats de toute nature se faisaient avec la plus grande facilité. Les environs offraient d’agréables promenades et de fructueuses parties de chasse ; on y rencontrait même comme une réminiscence des ruines d’Angcor : à la pointe même de la rivière et du grand fleuve, au milieu de la solitude d’un petit bois, sont des restes fort remarquables de tours en brique de l’époque khmer, que M. Delaporte a dessinés avec soin. Les bases de ces tours sont divisées en deux compartiments, dont chacun forme un petit sanctuaire rectangulaire. En dedans de l’enceinte qui enclôt ces tours, sont des restes d’édicules, comme dans les monuments du Cambodge. Les encadrements des portes sont en grès ; mais si les briques employées sont d’une grande beauté et d’une grande perfection de cuisson et de forme, la pierre est plus grossière, piu mal jointe ; l’ornementation est d’un goût plus lourd.

Il semble résulter de la relation du voyage d’une mission hollan. daise, celle de Gérard van Wusthof, qui en 1641 remonta le fleuve du Cambodge jusqu’à Vien Chang7, que ces ruines étaient autre- fois le lieu d’une résidence royale, et que la domination cambodgienne, à Stung Treng, ne remonte pas à une époque bien éloignée « Le 17 août, dit cette relation, nous passâmes la nuit à Bætrong (ce qui précède permet d’identifier cette localité avec Stung Treng) près d’une église en pierre, ruinée de vétusté, où les Louwen (Laotiens) faisaient des cérémonies et des sacrifices. Des cierges brûlaient dans cette église sur les autels de deux idoles. Il y a cinquante ans environ, les rois du Cambodge résidaient en cet endroit ; mais, obligés de reculer devant les attaques incessantes des Louwen, ils abandonnèrent cette église à elle-même dans la solitude d’un bocage, et descendirent au lieu où ils résident actuellement. » D’après la même relation, il y avait encore, à l’époque du passage des Hollandais, des Cambodgiens établis jusque dans le haut de la vallée du Se Cong. Aujourd’hui il n’y en a plus un seul.

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