Pnom Penh – Départ du Cambodge – Pnom Bachey – Rapides de Sombor – Stung Treng partie 13

Le village même de Stung Treng peut contenir environ huit cents habitants, tous laotiens. La province dont il est le chef-lieu s’étend tout entière sur la rive gauche du Cambodge. Stung Treng est l’intermédiaire commercial entre Pnom Penh et Attopeu, centre assez considérable, situé dans le haut de la rivière, et le dernier point qui à l’est relève de Ban Kok. Attopeu est le lieu d’une production de poudre d’or autrefois importante, aujourd’hui presque nulle. De nombreuses tribus sauvages, dont quelques-unes, les Proons, sont réputées très cruelles, habitent les régions montagneuses qui cir-conscrivent la vallée du Se Cong, et surtout la zone comprise entre cet affluent du grand fleuve et la grande chaîne de Cochinchine.

Le commerce est entre les mains de quelques Chinois, la plupart originaire du Fo-kien, arrivés là par la Cochinchine. Les produits qu’ils apportent sont : de la noix d’arec, des étoffes de soie, des cotonnades, du sucre, du sel, divers articles de mercerie et de quin-caillerie. Ils remportent à Pnom Penh de la cardamone, de l’ortie de Chine, de la cire, de la laque, de l’ivoire, des peaux et des cornes de cerf et de rhinocéros, des plumes de paon et quelques objets
7 Voyage lointain aux royaumes de Cambodge et Laouren par les Néerlandais et ce qui s*y est passé jusqu’en 1644 (Harlem, 1669), petite brochure en langue flamande qui a été traduite pour la première fois en français in extenso, sur nia demande, par M. Paul Voelkel, directeur de PInstitut allemand de Paris. Les extraits que j’en donne ici, de même que les citations françaises de l’espagnol Ribadeneyra contenues dans les livraisons précédentes, sont complètement inédits.
de vannerie et de boisssellerie artisîement fabriqués par les sauvages. Tous ces échanges se font en nature, et il faut une saison entière pour transformer de la sorte le chargement d’une barque. Ce n’est pas que la monnaie soit inconnue dans le pays : le tical siamois, qui est la monnaie officielle, et la piastre mexicaine, y ont cours 8 ; mais ils ne s’y trouvent qu’en quantité excessivement faible. Comme monnaie divisionnaire, on se sert à Stung Treng de petites barres de fer aplaties de forme losangique, de trois centimètres de largeur au milieu, sur moins d’un centimètre d’épaisseur et sur quatorze ou quinze centimètres de long. Elles pèsent environ deux cents grammes et l’on en donne dix pour un tical ; cette monnaie singulière et incommode, qui attribue au fer une valeur huit ou neuf fois supérieure à celle qu’il a dans les pays civilisés, vient de la province cambodgienne de Tonly Repou. Pour une de ces barres de fer, les habitants donnent ordinairement deux poules. Un peu plus haut dans la vallée du Cambodge, à Bassac et à Oubôn, on se sert comme monnaie divisionnaire de petits saumons de cuivre de la grosseur du petit doigt et d’une longueur de 6 à 7 centimètres, appelés lat. On en donne 24 pour un tical.

Comme on peut le pressentir aisément, le commerce dont je viens de parler ne se fait que dans des proportions excessivement restreintes. Les Laotiens de cette zone ne sont guère plus producteurs que les Cambodgiens, et ce que j’ai dit plus haut de ces der-niers peut s’appliquer également à leurs voisins de Stung Treng. Sans l’intervention de l’élément chinois, ces contrées éloignées mourraient bientôt à toute relation extérieure. Malheureusement, le régime douanier déplorable auquel est soumis le Cambodge est un puissant obstacle aux efforts des laborieux émigrants que le Céleste Empire fournit à toutes ces régions. Dès notre arrivée à Stung Treng, quelques-uns des Chinois qui y résidaient adressèrent à ce sujet de vives plaintes à M. de Lagrée : l’augmentation des droits de douane à Pnom Penh, pour toutes les marchandises venant du Laos, était devenue telle, dirent-ils, que cette route com-merciale cependant si directe, et relativement si facile, se trouvait trop onéreuse et qu’il allait falloir y renoncer pour prendre celle de Ban Kok. Outre la dîme prélevée sur tous les produis, le fermier récemment installé par le roi exigeait encore des cadeaux en nature qui élevaient le total des droits perçus à vingt pour cent environ de la valeur des marchandises !

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