Pnom Penh – Départ du Cambodge – Pnom Bachey – Rapides de Sombor – Stung Treng partie 15

 Dès son retour, il demanda au gouverneur les barques et les hommes que les lettres de Ban Kok ordonnaient de nous fournir en échange d’une rémunération suffisante. Ces barques devaient nous conduire jusqu’aux cataractes de Khon ; là, un transbordement devait avoir lieu, et des barques de la province suivante devaient venir nous chercher. Ces cataractes de Khon nous étaient signalées comme le plus grand obstacle à la navigabilité du fleuve et nous étions impatients d’en juger de visu.

Pendant que le gouverneur expédiait des ordres aux différents villages pour réunir les moyens de transport qui nous étaient nécessaires, M. de Lagrée essayait par tous les moyens d’attirer à lui les anciens du pays, pour en obtenir tous les renseignements possibles sur la partie de la vallée du fleuve vers laquelle nous nous dirigions. Il dressait aussi une espèce de carte qu’il appelait en riant la carte de l’avenir, et à l’aide de laquelle il réglait nos étapes, calculait la quantité de vivres qu’il était indispensable d’emporter avec soi, tâchait en un mot de pourvoir à toutes les éventualités, à tous les besoins, avec une sollicitude minutieuse et un sens pratique que l’on rencontre bien rarement à un degré aussi développé chez un chef d’expédition. Il s’informait également avec soin de tout ce qui se rapportait à l’histoire, à l’administration, à la politique du pays. La curiosité, les petits cadeaux qu’il faisait à ses visiteurs attiraient au campement une affluence assez grande.

A l’exemple du gouverneur, toutes les autorités subalternes du muong s’y rendirent. Le chef des bonzes de l’endroit ne crut pas déroger à son sacré caractère et à la vénération attachée à sa robe jaune en allant saluer à son tour le commandant français. Les indications vagues, les renseignements souvent contradictoires que celui-ci recueillait dans ses conversations avec les indigènes témoignaient souvent d’une grande ignorance, quelquefois d’une défiance extrême de leur part ; mais, en pays inconnu, les moindres données ont une importance énorme. Leur discussion fournissait un élément à nos causeries et un stimulant à nos imaginations. Malgré les pluies qui étaient torrentielles et produisaient parfois en une nuit des crues de plus d’un mètre, tout le monde avait hâte de sortir du repos dont le plus grand nombre jouissait depuis plus de deux semaines. La santé générale de l’expédition paraissait assez bonne ; M. Thorel qui, à la suite de F excursion d’Angcor, avait été atteint d’une dysenterie assez grave, s’était remis à peu près complètement, après nous avoir donné à Cratieh les plus vives inquiétudes. Seul, depuis mon retour de Sombor, je me sentais assez sérieusement indisposé, et M. Delaporte avait dû me remplacer dans mes diverses fonctions. Au milieu des préparatifs de départ, cette indisposition se transforma tout à coup en maladie grave, et à partir de ce moment je perds tout souvenir de ce qui s’est passé pendant une douzaine de jours.

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