Pnom Penh – Départ du Cambodge – Pnom Bachey – Rapides de Sombor – Stung Treng partie 3

des causes les plus puissantes de l’amoindrissement et de la déca¬dence de ce royaume. Le père de Norodom, Ang Duong, avait eu les fortunes les plus diverses et son fils était né alors qu’il n’était point encore parvenu à s’asseoir sur le trône du Cambodge. Cette naissance en dehors de la condition royale était un des griefs les plus graves invoqués par les révoltés contre le roi actuel. Pou Combo avait su exploiter habilement les rancunes des Cambodgiens du district français de Tayninh contre l’autorité locale, et il avait réussi à massacrer dans un guet-apens l’infortuné capitaine Savin de Larclauze qui en était l’administrateur. Des troupes, immédiatement envoyées contre le rebelle, avaient essuyé un échec qui avait coûté la vie au lieutenant-colonel Marchaisse ; grâce au prestige de ce succès sur les Français, on pouvait craindre que le mouvement ne se propageât dans le Cambodge proprement dit, et que Pou Combo ne tentât le passage du grand fleuve et l’attaque directe de la capitale du royaume.

Dans de telles circonstances, la connaissance que M. de Lagrée avait du caractère cambodgien, l’influence personnelle qu’il avait acquise sur les gouverneurs de province et les principaux personnages de la cour pouvaient être de l’utilité la plus grande, non seulement au roi Norodom, mais encore au gouverneur de la colonie qui avait toujours agi jusqu’à ce moment d’après les indications d’un officier dans le jugement duquel il avait la confiance la plus entière et la mieux justifiée. Mais il était trop tard pour remettre un voyage solennellement annoncé en France. Rien ne faisait encore prévoir que ce mouvement insurrectionnel dût atteindre des proportions sérieuses. Quelques mesures promptes et énergiques devaient probablement suffire à l’étouffer. La présence de canonnières françaises à Pnom Penh assurait d’ailleurs Norodom contre un coup de main, et ce n’avait pas été sans doute l’un des moin-dres motifs qui l’avaient porté à abandonner sa résidence d’Oudong.

Le Cosmao, de retour de Ban Kok, venait de mouiller à Compot, et l’or et les passeports siamois qu’il rapportait avaient été immédiatement expédiés à Pnom Penh. L’heure du départ allait sonner. Le roi fit tous ses efforts pour faire accepter à M. de Lagrée le cadeau d’une barre d’or, dernier témoignage de sa royale munificence. Il ne réussit pas. Ce n’était pas le premier sujet d’étonnement que lui donnaient les mœurs françaises, si différentes à cet égard des mœurs cambodgiennes.
Le 7 juillet, à midi, tous nos préparatifs étant entièrement terminés, la canonnière 27, sur laquelle se trouvaient tout le personnel et tout le matériel de l’expédition, et la canonnière 32, commandée par M. Pottier, appareillèrent en même temps de la rade de Pnom Penh. M. Pottier fit route avec nous pendant quelque temps pour témoigner jusqu’au dernier moment ses sympathies et sa déférence à son prédécesseur au Cambodge. A une certaine dis» tance de la pointe de la Douane, les deux canonnières se séparèrent après un salut de quatre coups de canon fait par la canonnière 32. Les pavillons s’abaissèrent en signe de dernier adieu ; les deux équipages poussèrent en même temps les cris de Vive l’empereur ! Vive le commandant de Lagrée ! Quelques instants après nous voguions seuls sur l’immense fleuve.

Sehen Sie mehr: Halong Bucht 2 Tagestour

You can leave a response, or trackback from your own site.

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Powered by WordPress