Pnom Penh – Départ du Cambodge – Pnom Bachey – Rapides de Sombor – Stung Treng partie 4

Le lendemain matin, de très bonne heure, nous laissâmes sur notre gauche le groupe d’îles de Sutin au-delà duquel se dessine la croupe de Pnom Bachey. C’est là que se trouvent les ruines d’une importante pagode et de quelques autres constructions khmers que M. de Lagrée avait longuement étudiées, et dont M. le lieutenant de vaisseau Lefèvre, qui l’avait accompagné, a dessiné les vues […].
La pagode de Pnom Bachey se compose de quatre enceintes rectangulaires qui comprennent un sanctuaire central : l’enceinte extérieure n’est qu’un simple mur de trois mètres de hauteur qui mesure quatre cents mètres dans le sens est et ouest et deux cents dans le sens nord et sud ; la seconde enceinte, construite comme la première, en pierre de Bien-Hoa, présente deux portes monumentales en grès sur chacune des faces est et ouest. La troisième enceinte est formée par une sorte de couloir à compartiments et n’est séparée que par un très faible espace de la quatrième et dernière enceinte. Celle-ci se compose d’une galerie voûtée à fenêtres intérieures. Sur le milieu des quatre faces s’élèvent quatre portes monumentales en grès, toutes semblables, au-dessus de chacune desquelles s’élève une tour. Au centre de cette dernière enceinte est le sanctuaire central, sorte de tour à base carrée dont chaque face est précédée d’un avant-corps et offrait jadis une statue de Bouddha à l’adoration des fidèles. Des pilastres très ornementés, analogues à ceux d’Angcor Wat, mais moins beaux peut-être, encadrent les portes de ce sanctuaire et supportent un tympan richement sculpté qui masque la voûte de l’avant-corps. Ce tympan représente sur chaque face des scènes religieuses qui semblent se suivre et dérouler les diverses phases de l’existence de Cakyamouni. Comme il est d’usage dans les monuments khmers, les intervalles qui séparent les différentes enceintes sont remplis de constructions accessoires, bassins, autels, petites pagodes, qui accusent des époques différentes ou des restaurations successives.

D’après une inscription retrouvée dans ces ruines et traduite, à la prière de M. de Lagrée, par le chef des bonzes du Cambodge, cette pagode daterait du x« siècle. Comme je l’ai déjà dit, M. de Lagrée pensait que c’était là le groupe de ruines découvert par les Portugais en 1570. Ce n’est pas le lieu de discuter cette opinion que je ne partage point. Je renvoie les lecteurs qu’intéressent les détails archéologiques à la publication officielle du voyage. Ils y trouveront une description plus complète et plus technique de Pnom Bachey, due au commandant de Lagrée et dont les lignes qui précèdent ne sont qu’un résumé rapide.

Un peu au-dessous de Compong Thma (Port ou Rivage de Pierres) qui est le point où l’on aborde quand on veut visiter Pnom Bachey, j’ai dit que se trouvaient plusieurs îles, dont la principale est Co Sutin ; ces îles sont fort importantes par leur production en coton et son l’objet d’un important revenu pour le roi du Cam-bodge, qui prélève un fort impôt sur cette culture. Après un court arrêt à Peam Chelang, la canonnière 27 arriva le 9 juillet devant Cratieh, village cambodgien situé sur la rive gauche du fleuve. A son extrémité sud se trouve une résidence royale dans laquelle nous nous installâmes, en attendant que les barques demandées au gouverneur de la province de Samboc-Sombor fussent prêtes pour la continuation de notre voyage. Nous nous trouvions près des rapides de Sombor et à l’extrême limite des reconnaissances hydrographiques tentées sur le fleuve en bateau à vapeur.

Le commandant de Lagrée eût désiré que M. Espagnat essayât de remonter un peu plus haut avec sa canonnière, afin que je pusse me rendre compte de l’aspect que présentait le Cambodge en cet endroit et des chances de passage qu’il pourrait offrir à cette époque de l’année à un navire à vapeur de faibles dimensions. Mais l’état des chaudières et de la coque de la canonnière 27, qui avait été montée à Tché- fou, en 1860, dès le début de la guerre de Chine2, rendait cette expérience assez dangereuse et le commandant de Lagrée se rendit aux observations que M. Espagnat lui fit à ce sujet. Nous nous empressâmes de clore notre dernier courrier pour Saigon et pour la France, et, le 11 juillet, la canonnière 27 nous quitta, nous laissant définitivement livrés à nos propres ressources.

Für mehr Infos: 2 Tages Tour Halong Bucht

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