Pnom Penh – Départ du Cambodge – Pnom Bachey – Rapides de Sombor – Stung Treng partie 6

les affaires intérieures du Cambodge qu’avec précautions et ménagements ; mais si l’on veut que ce protectorat ait pour notre commerce et notre influence les résultats qu’on est en droit d’en attendre, si l’on tient à ramener l’activité dans cette belle et fertile zone du Cambodge supérieur, il sera indispensable d’indiquer nettement, d’imposer même, au gouvernement cambodgien des réformes administratives. En l’état actuel des choses, l’appui des Français, en augmentant les forces de ce gouvernement, ne devient pour lui qu’un moyen d’exaction de plus, qu’un encouragement à augmenter ses exigences vis-à-vis des populations : au lieu d’être pour le pays une cause de développement et de progrès, notre protectorat en amène peu à peu l’épuisement et la ruine.
Le 13 juillet, nos barques étant enfin prêtes, nous procédâmes à l’embarquement et à l’arrimage à bord de chacune d’elles de tout notre matériel ; le personnel fut à son tour réparti entre elles aussi également que possible et le pavillon français fut arboré sur celle qui portait le chef de l’expédition. A midi, les pirogues débordèrent successivement et commencèrent leur long et pénible halage le long de la rive gauche du fleuve. L’équipage de ce genre de barques se compose, suivant leur dimension, de six à dix hommes appelés piqueurs. Chacun d’eux est armé d’un long bambou aux extrémités duquel se trouvent, d’un côté, un croc en fer, de l’autre une petite fourche, selon que l’on veut tirer ou pousser à soi. Les piqueurs partent de la plate-forme avant, fixent leur bambou à un point quelconque de la rive, pierre ou branche d’arbre, et marchent vers l’arrière pour revenir ensuite par le bord opposé prendre un nouveau point d’appui ou de halage. Cette espèce de manège circulaire peut imprimer à la pirogue la vitesse d’un homme marchant au pas de course quand les piqueurs sont habiles et que la rive que l’on suit est droite et nette. Le patron doit porter toute son attention à maintenir la barque dans le sens du courant ou plutôt son avant légèrement incliné vers la rive ; s’il laissait le courant frapper l’avant du côté opposé, la barque vien-drait en travers et il faudrait lui laisser faire le tour entier avant de songer à la ramener le long de la berge.

Nous ne fîmes que peu de chemin le 13 : après un court arrêt à Sombor, nous vînmes nous remiser pour la nuit à l’entrée du Peam Champi, petit affluent de la rive gauche. Nous nous trouvions là au commencement des rapides de Samboc-Sombor. La lisière d’un champ de maïs nous servit de dortoir : la nouveauté de la situation, les conversations prolongées fort avant dans la nuit, les moustiques, quelques grains de pluie firent passer une nuit blanche à la plupart d’entre nous. Le lendemain, à six heures du matin, après un déjeuner sommaire composé, comme à bord, de biscuit et de café, nos barques continuèrent 1 ascension du fleuve.
Le courant était rapide ; les eaux avaient monté de cinq mètres environ et charriaient déjà des arbres, des branches, des amas de feuilles enlevés aux rives. Au lieu des têtes de roches qui parsèment cette partie du fleuve à l’époque des basses eaux, on n’apercevait sur l’immense fleuve que quelques lointains et rares bouquets d’arbres qui indiquaient la place des rochers submergés ; à plus d’un mille de distance apparaissait la rive droite. Le long de la rive que nous suivions, un large espace semblait libre de tout obstacle et offrait un passage facile à un navire à vapeur doué d’une force suffisante pour refouler le courant. En définitive, ces rapides tant redoutés semblaient s’évanouir avec la crue des eaux, et la navigabilité du fleuve, qui était au début du voyage le point le plus important à constater, pouvait jusque-là s’affirmer sans crainte. A cinq heures du soir, nous étions arrivés à Sombor.

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