Séjour à Muong Lim- Pénurie de l’expédition- Marché de Muong Lim partie 2

tous ces ennuis venait s’ajouter l’incertitude où nous étions encore des dispositions du roi de Xieng Tong. La lenteur qu’il mettait à nous répondre faisait prévoir des difficultés et allait occasionner des retards qui se traduisaient toujours par un supplément de dépenses. « Nous ne sommes pas même assez riches, me disait tristement le commandant de Lagrée, pour acheter la conscience d’un de ces petits chefs dont le bon ou mauvais vouloir peut faire réussir ou avorter notre voyage. En agissant le plus économiquement possible, nous pouvons tenir encore cinq ou six mois, mais ensuite nous serons obligés de faire banqueroute. Ah ! si l’on nous avait accordé vingt mille francs de plus !»

Nous cachions cependant notre misère sous de fières allures, espérant toujours en quelque heureuse circonstance qui nous ouvrirait le crédit d’un potentat ami, et maudissant la parcimonie du gouverneur de la Cochinchine, qui avait si mal mesuré nos ressources à l’importance du voyage, et qui avait placé six gens de cœur dans le cas d’user en pure perte leur énergie, leur dévouement et leur intelligence, faute de quelques milliers de francs. Nous ne doutions pas – ce qui est arrivé depuis que, le jour où nous pourrions emprunter au nom du gouvernement français, celui-ci ne s empressât de faire honneur à notre signature ; mais, hélas ! nous n en étions point encore à rencontrer des dispositions de cette nature parmi les autorités indigènes, et c’eût été compromettre et notre dignité et le succès de nos démarches auprès d’elles que de leur laisser entrevoir notre pénurie.

Le commandant de Lagrée avait rendu visite au gouverneur de Muong Lim, vieillard de soixante-dix-huit ans, qui attendait, pour savoir quelles relations il devait établir avec nous, les instructions de Xieng Fong. Tout réservé que fût son accueil, il n’en consentit pas moins à considérer M. de Lagrée comme l’envoyé d’un sou-verain puissant : une garde fut placée autour de nous, et notre logement fut rendu aussi confortable que possible. Quelques musiciens du muong virent même nous donner une aubade et éprouver notre libéralité. M. Delaporte a déjà donné ailleurs quelques détails sur la musique laotienne ; je n’y reviendrai pas : je me contenterai de dire que le principal chanteur avait une voix agréable, et que l’air vif et bien rythmé qu’il entonna ne laissa pas que de me paraître assez entraînant. Ses compagnons répétaient en chœur et avec un ensemble remarquable un très court refrain qui terminait tous les couplets du soliste.

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Les pages suivantes sont d’abord consacrées à des considérations historiques et ethnographiques, accompagnées, d’ailleurs, de croquis très précis représentant des instruments agricoles ou textiles en usage dans ces régions situées aux confins du Siam, de la Birmanie et de la Chine, régions alors presque totalement inconnues des Européens.

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